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🇦🇪 Dubaï · Fiscalité

Y a-t-il un impôt sur le revenu à Dubaï ?

7 min de lecture Mis à jour · juillet 2026

Dans : Fiscalité à Dubaï · Fiscalité à l'étranger

Sommaire
  1. La réponse
  2. Ce qui est exonéré
  3. Le vrai enjeu
  4. Mythe des 183 jours
  5. Convention France-EAU
  6. Exit tax
  7. Démarches de départ
  8. Erreurs à éviter
  9. Questions fréquentes

C'est l'argument numéro un des expatriés vers Dubaï : zéro impôt sur le revenu. C'est vrai côté émirien. Mais toucher un salaire net à 100 % ne signifie pas automatiquement échapper au fisc français. Voici ce qui est réellement exonéré à Dubaï en 2026, et les conditions à remplir côté France pour que ce 0 % ait un sens.

L'essentiel

Non. Dubaï, comme le reste des Émirats arabes unis, n'applique aucun impôt sur le revenu des personnes physiques : le taux est de 0 % sur les salaires, loyers, dividendes et plus-values. Le vrai enjeu n'est pas là : si vous restez résident fiscal français au sens de l'article 4 B du CGI, la France continue de vous imposer sur vos revenus mondiaux.

La réponse

Non. Dubaï, comme les six autres émirats des Émirats arabes unis, ne prélève aucun impôt sur le revenu des personnes physiques. Le taux est de 0 %. Votre bulletin de salaire émirien affiche donc un montant brut qui est aussi votre net : il n'existe ni retenue à la source sur le salaire, ni tranche d'imposition progressive, ni CSG-CRDS.

Cette absence d'impôt ne concerne pas seulement les salaires. Elle couvre l'essentiel des revenus qu'un particulier peut percevoir : traitements, primes, revenus locatifs, dividendes, intérêts et plus-values de cession. Attention toutefois : ce 0 % est un fait émirien. Il ne dit rien de votre situation vis-à-vis de la France, qui obéit à ses propres règles détaillées dans notre guide de la fiscalité à Dubaï.

Ce qui est exonéré

Le principe émirien est simple : les revenus des personnes physiques ne sont pas imposés, quelle que soit leur nature ou la nationalité du bénéficiaire. Concrètement, sont exonérés à Dubaï :

  • Les salaires, primes et bonus versés par un employeur local.
  • Les revenus d'activité indépendante et de freelance (sous licence).
  • Les revenus locatifs perçus sur un bien situé aux Émirats.
  • Les dividendes et intérêts encaissés à titre personnel.
  • Les plus-values de cession (titres, immobilier détenu en nom propre).

Il n'existe pas non plus de droits de succession ni d'impôt sur la fortune aux Émirats. En revanche, ne confondez pas cette exonération personnelle avec l'impôt sur les sociétés (corporate tax) : depuis le 1er juin 2023, un impôt de 9 % s'applique aux bénéfices d'entreprise dépassant 375 000 AED (environ 93 750 €). De même, une TVA de 5 % s'applique à la plupart des biens et services. Le 0 % vise donc le revenu des personnes, pas l'activité des entreprises.

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Le vrai enjeu

C'est ici que la plupart des futurs expatriés se trompent. Toucher un salaire non imposé à Dubaï ne vous fait pas automatiquement échapper au fisc français. Tant que vous êtes considéré comme résident fiscal de France, celle-ci vous impose sur vos revenus mondiaux, y compris votre salaire dubaïote.

La résidence fiscale française s'apprécie au regard de l'article 4 B du Code général des impôts, qui pose plusieurs critères alternatifs. Vous êtes réputé domicilié en France dès qu'un seul d'entre eux est rempli :

  • Le foyer : le lieu où votre famille (conjoint, enfants) réside habituellement.
  • Le lieu de séjour principal : là où vous passez le plus de temps.
  • L'activité professionnelle principale exercée en France.
  • Le centre des intérêts économiques : là où sont vos principaux investissements, le siège de vos affaires ou la source de vos revenus.

Un seul lien suffit donc à vous rattacher à la France. Un conjoint et des enfants restés à Paris, ou l'essentiel de votre patrimoine locatif en France, peuvent maintenir votre résidence fiscale française malgré votre installation à Dubaï. Ce point est si structurant qu'il mérite sa propre lecture : voyez notre article dédié à la résidence fiscale française après un départ à Dubaï.

Mythe des 183 jours

« Il suffit de passer moins de six mois par an en France. » Cette phrase est l'une des idées reçues les plus dangereuses de l'expatriation. La règle des 183 jours n'est pas le critère principal de la résidence fiscale française.

Le critère du lieu de séjour n'intervient qu'à titre subsidiaire, lorsqu'aucun foyer n'est identifiable. Et même dans ce cas, la logique n'est pas « rester sous 183 jours en France », mais « passer plus de temps en France que dans tout autre pays ». Vous pourriez ainsi rester résident français en n'y passant que 120 jours, si c'est le pays où vous êtes le plus présent.

Autrement dit : compter ses jours ne suffit jamais. Si votre foyer, votre activité ou votre centre d'intérêts économiques reste en France, le décompte des jours ne vous protège pas. Fondez votre départ sur les critères de l'article 4 B, pas sur un calendrier.

Convention France-EAU

Signée le 19 juillet 1989 à Abou Dhabi et entrée en vigueur le 1er juillet 1990 (modifiée par un avenant de 1993), la convention fiscale entre la France et les Émirats arabes unis vise à éviter la double imposition. C'est elle qui arbitre lorsque deux pays revendiquent votre imposition.

Point crucial : les Émirats n'ayant pas d'impôt sur le revenu, la notion de « résident » au sens de la convention y est particulière. Pour être protégé par la convention, il faut d'abord démontrer que vous avez effectivement transféré votre résidence, faute de quoi la France applique son droit interne (l'article 4 B). La convention ne fait pas obstacle à l'imposition française si vous conservez un lien de rattachement au sens de cet article.

Elle joue en revanche pleinement lorsque la rupture est réelle : elle permet alors d'éviter la double imposition sur les revenus de source française que vous continueriez de percevoir (loyers d'un bien situé en France, par exemple, qui restent imposables en France). En pratique, l'administration française reste attentive aux départs vers les pays à fiscalité nulle et vérifie la réalité de l'installation : un simple visa de résidence ne suffit pas si vos attaches personnelles et économiques demeurent en France. Faire valider votre situation au regard de cette convention, avant le départ plutôt qu'après, est une étape à ne pas improviser.

Exit tax

En quittant la France, certains contribuables déclenchent l'exit tax. Ce mécanisme impose les plus-values latentes sur vos titres au moment où vous transférez votre domicile fiscal hors de France. Trois conditions cumulatives doivent être réunies :

  • avoir été résident fiscal français au moins 6 des 10 dernières années ;
  • détenir des titres d'une valeur ≥ 800 000 €, ou au moins 50 % des bénéfices d'une société ;
  • transférer effectivement votre domicile à l'étranger.

Le seuil de 800 000 € est un seuil de déclenchement, pas un abattement : une fois franchi, l'ensemble des plus-values latentes devient imposable. Le taux applicable est la flat tax à 30 % (impôt) auquel s'ajoutent les prélèvements sociaux, soit environ 31,4 % avec la contribution exceptionnelle sur les hauts revenus.

Attention : Dubaï n'étant ni dans l'UE ni dans l'EEE, le sursis de paiement n'est pas automatique. Il faut le demander expressément et, le cas échéant, constituer des garanties. Un dégrèvement intervient ensuite après 2 ou 5 ans de conservation des titres selon leur valeur. Ce point technique justifie à lui seul un accompagnement.

Démarches de départ

Quitter proprement la France sur le plan fiscal se prépare. Voici les grandes étapes :

  1. Informer votre centre des finances publiques de votre changement d'adresse à l'étranger, via votre espace personnel sur impots.gouv.fr.
  2. Déposer une déclaration de revenus l'année suivant le départ : vous déclarez les revenus perçus avant le départ (imposés au barème) et, séparément, ceux perçus après en tant que non-résident, le cas échéant.
  3. Renseigner le formulaire 2042 et ses annexes (dont la 2042-NR pour la fraction non-résident) l'année du départ.
  4. Déclarer l'exit tax sur le formulaire dédié (2074-ETD) si vous êtes concerné par les plus-values latentes.
  5. Conserver les preuves de votre installation à Dubaï : contrat de travail, bail, visa de résidence, factures, relevés bancaires — indispensables en cas de contrôle.

Un départ documenté et cohérent avec les critères de l'article 4 B est votre meilleure protection. Pour cadrer chaque étape à votre situation, notre accompagnement fiscalité sécurise le passage.

Erreurs à éviter

  • Croire que le 0 % émirien vaut exonération française. Tant que vous êtes résident fiscal français, votre salaire de Dubaï reste imposable en France.
  • Se fier à la règle des 183 jours. Ce n'est pas le critère principal : le foyer et le centre des intérêts économiques priment.
  • Laisser sa famille en France. Un conjoint et des enfants restés en France peuvent à eux seuls maintenir votre foyer fiscal français.
  • Oublier l'exit tax. Au-delà de 800 000 € de titres, un départ mal préparé peut déclencher une imposition immédiate sans sursis automatique.
  • Négliger la déclaration de départ. L'absence de démarche formelle laisse penser que vous n'avez jamais rompu votre résidence française.
  • Ne garder aucune preuve. Sans justificatifs de vie réelle à Dubaï, votre résidence émirienne est fragile en cas de contrôle.

Questions fréquentes

Mon salaire touché à Dubaï est-il imposable en France ?

Seulement si vous êtes resté résident fiscal français au sens de l'article 4 B du CGI. Dans ce cas, la France impose vos revenus mondiaux, salaire dubaïote inclus. Si votre rupture de résidence est réelle et documentée, ce salaire n'est plus imposable en France.

Faut-il vraiment passer moins de 183 jours par an en France ?

Le seuil des 183 jours n'est pas le critère principal. La résidence fiscale se détermine d'abord par le foyer et le centre des intérêts économiques. On peut rester résident français en y passant moins de six mois si c'est le pays où l'on est le plus présent ou si sa famille y vit.

Y a-t-il des droits de succession ou un impôt sur la fortune à Dubaï ?

Non. Les Émirats arabes unis n'appliquent ni droits de succession, ni droits de donation, ni impôt sur la fortune pour les personnes physiques. Attention toutefois : sur les biens situés en France, la fiscalité française (dont l'IFI) peut continuer de s'appliquer selon la convention.

L'exit tax s'applique-t-elle à tout le monde qui part à Dubaï ?

Non. Elle ne vise que ceux détenant au moins 800 000 € de titres (ou 50 % d'une société) et ayant été résidents français au moins 6 des 10 dernières années. En dessous de ces seuils, l'exit tax ne s'applique pas.

Les revenus locatifs de mon bien en France restent-ils imposables ?

Oui. Les revenus fonciers de source française restent imposables en France, même après votre départ à Dubaï. La convention France-EAU organise l'imposition de ces revenus dans le pays où le bien est situé, afin d'éviter la double imposition.

B
Par Baptiste FiguiereFondateur de Relown · Publié le 1 juillet 2026 · Mis à jour en juillet 2026