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Corporate tax à Dubaï : le guide 2026 de l'impôt sur les sociétés

8 min de lecture Mis à jour · juillet 2026

Dans : Fiscalité à Dubaï · Fiscalité à l'étranger

Sommaire
  1. Qui est concerné
  2. Les taux
  3. Régime free zone
  4. Exonération PME
  5. Enregistrement FTA
  6. Déclaration et délais
  7. Erreurs à éviter
  8. Questions fréquentes

S'installer à Dubaï ne signifie plus zéro impôt pour les entreprises. Depuis juin 2023, un impôt fédéral sur les sociétés de 9 % s'applique au-delà d'un seuil de bénéfice, assorti de régimes de faveur pour les free zones et les petites structures. Voici, chiffres officiels à l'appui, qui paie quoi, comment s'enregistrer et à quelles échéances, pour éviter les pénalités.

L'essentiel

À Dubaï, le corporate tax (impôt sur les sociétés) fédéral s'élève à 9% sur le bénéfice imposable dépassant 375 000 AED (environ 93 750 €) et à 0% en dessous, depuis les exercices ouverts à compter du 1er juin 2023. Les sociétés de free zone qualifiées (QFZP) restent à 0% sur leur revenu qualifiant. L'enregistrement auprès de la Federal Tax Authority est obligatoire.

Qui est concerné

Le corporate tax (impôt sur les sociétés) est un impôt fédéral : il s'applique de la même façon à Dubaï et dans les autres émirats. Sont concernées toutes les personnes morales constituées aux Émirats (LLC, sociétés de free zone), les succursales de sociétés étrangères et, sous conditions, les personnes physiques qui exercent une activité commerciale.

Pour un entrepreneur individuel ou un freelance, le déclencheur est le chiffre d'affaires : dès lors que votre activité aux Émirats a généré plus de 1 000 000 AED (environ 250 000 €) de revenus commerciaux sur une année civile, vous entrez dans le champ de l'impôt. En dessous, une activité purement salariée, un bien immobilier personnel ou des revenus de placements privés restent hors champ.

Certaines entités restent expressément exonérées : organismes publics et entités contrôlées par l'État, sociétés du secteur extractif et des ressources naturelles (imposées à l'échelon de l'émirat), fonds d'investissement qualifiés, caisses de retraite et de sécurité sociale. Pour la plupart des expatriés créateurs d'entreprise, ces exonérations ne s'appliquent pas : vous relevez du régime de droit commun décrit ci-dessous.

La question du corporate tax ne remplace pas celle de votre résidence fiscale vis-à-vis de la France : les deux se traitent séparément. Être imposé aux Émirats au titre de vos bénéfices n'emporte pas automatiquement la fin de vos obligations françaises tant que votre foyer fiscal n'a pas réellement basculé.

Les taux

Le barème est volontairement simple. Chaque société bénéficie d'une tranche à 0 % sur ses premiers 375 000 AED (environ 93 750 €) de bénéfice imposable ; au-delà, le taux unique est de 9 %. Ce régime s'applique aux exercices ouverts à compter du 1er juin 2023.

Le calcul est progressif par tranche, pas par seuil global : dépasser 375 000 AED ne taxe pas rétroactivement la totalité du bénéfice, seulement la fraction au-dessus du seuil.

Bénéfice imposableTranche à 0 %Tranche à 9 %Impôt dû
300 000 AED300 00000 AED
375 000 AED375 00000 AED
1 000 000 AED375 000625 00056 250 AED (~14 060 €)

La base imposable n'est pas le chiffre d'affaires mais le bénéfice comptable établi selon les normes IFRS, retraité de quelques ajustements fiscaux (charges non déductibles, opérations avec les parties liées, reports déficitaires). Les dépenses professionnelles réelles et engagées dans l'intérêt de l'activité restent déductibles, ce qui rapproche la logique de celle d'un impôt sur les sociétés classique. Une déduction séparée sur les intérêts d'emprunt peut par ailleurs plafonner la charge financière déductible pour les groupes fortement endettés.

Pour les groupes multinationaux dont le chiffre d'affaires mondial consolidé atteint 750 millions d'euros, un impôt complémentaire minimum national (DMTT) porte le taux effectif à 15 % depuis les exercices ouverts au 1er janvier 2025. Ce dispositif ne concerne pas les PME et indépendants expatriés, mais il faut le connaître si vous appartenez à un grand groupe.

En dehors de cette imposition des bénéfices, il n'existe pas d'impôt sur le revenu des personnes physiques à Dubaï : voir notre page dédiée à l'impôt sur le revenu.

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Régime free zone

La croyance selon laquelle une société de free zone est automatiquement exonérée est le mythe le plus coûteux du montage émirien. Le taux de 0 % existe bien, mais il est réservé au Qualifying Free Zone Person (QFZP), et uniquement sur son revenu qualifiant.

Pour être reconnue QFZP, une société doit respecter cinq conditions cumulatives :

  • une substance économique réelle aux Émirats (bureaux, personnel, décisions prises localement) ;
  • tirer un revenu qualifiant (négoce, fabrication, services éligibles figurant sur la liste officielle) ;
  • respecter le test de minimis : le revenu non qualifiant ne doit pas dépasser le plus petit des deux montants entre 5 000 000 AED et 5 % du chiffre d'affaires total ;
  • ne pas avoir opté volontairement pour l'imposition au taux normal ;
  • appliquer des prix de pleine concurrence sur les opérations avec les sociétés liées.

La liste des activités qualifiantes et exclues a été actualisée par la décision ministérielle n° 229 de 2025, avec effet rétroactif au 1er juin 2023. Le revenu tiré d'opérations avec le marché intérieur (mainland) n'est, dans la plupart des cas, pas qualifiant et bascule au taux de 9 %.

Attention à un point souvent mal compris : perdre le statut QFZP n'a pas d'effet uniquement sur l'exercice concerné. Un manquement à l'une des cinq conditions peut disqualifier la société pour la période fiscale et les quatre suivantes, l'ensemble des bénéfices étant alors taxé à 9 %. Le régime free zone est donc un avantage réel mais exigeant, qui suppose une comptabilité rigoureuse et, le plus souvent, l'appui d'un conseil local. Vérifiez aussi que votre free zone figure bien parmi les zones désignées et que votre licence couvre exactement l'activité facturée.

Exonération PME

Un dispositif transitoire allège fortement la charge des jeunes structures. Le Small Business Relief permet à une société résidente dont le chiffre d'affaires reste inférieur ou égal à 3 000 000 AED (environ 750 000 €) d'être traitée comme n'ayant aucun bénéfice imposable, donc de payer 0 %.

Trois points à retenir :

  • le dispositif vise les périodes fiscales closes au plus tard le 31 décembre 2026 ;
  • l'exonération n'est pas automatique : vous devez l'activer (élection) lors de votre déclaration sur EmaraTax ;
  • le seuil s'apprécie sur le chiffre d'affaires, pas sur le bénéfice ; le franchir une seule fois vous en exclut pour la suite.

Même sous ce régime, l'enregistrement, la déclaration et la tenue des comptes restent obligatoires.

Enregistrement FTA

L'enregistrement au corporate tax est obligatoire pour toute personne imposable, y compris celles qui finiront à 0 %. Il se fait en ligne sur la plateforme EmaraTax de la Federal Tax Authority (FTA).

  1. Créez votre compte ou connectez-vous au portail EmaraTax de la FTA.
  2. Renseignez la licence commerciale, l'activité et la date de début de l'exercice.
  3. Déposez les pièces justificatives (licence, passeport et Emirates ID des associés, statuts).
  4. Soumettez la demande et récupérez votre numéro d'enregistrement fiscal (TRN).

Les personnes physiques dont le chiffre d'affaires 2025 a dépassé 1 000 000 AED devaient s'enregistrer avant le 31 mars 2026. Le défaut d'enregistrement dans les délais expose à une pénalité de 10 000 AED (environ 2 500 €).

Déclaration et délais

La déclaration de corporate tax et le paiement éventuel doivent intervenir dans les 9 mois suivant la clôture de la période fiscale. Concrètement, une société dont l'exercice se termine le 31 décembre 2025 doit déclarer et payer au plus tard le 30 septembre 2026.

Tout passe par EmaraTax : il n'existe pas de déclaration papier. Une mesure de clémence a supprimé la pénalité de retard d'enregistrement de 10 000 AED pour les redevables qui déposent leur première déclaration dans les 7 mois suivant la fin de leur première période fiscale, au lieu des 9 mois habituels.

La période fiscale correspond en principe à votre exercice comptable (souvent l'année civile pour une nouvelle société). Le premier exercice peut être plus long ou plus court selon la date de création, ce qui décale d'autant l'échéance de déclaration. Il n'existe pas d'acomptes mensuels ni trimestriels : le corporate tax se règle en une fois, à l'issue de l'exercice, ce qui simplifie la gestion mais impose de provisionner l'impôt tout au long de l'année. Conservez vos justificatifs comptables au moins sept ans, la FTA pouvant contrôler a posteriori.

Attention à ne pas confondre le corporate tax avec la TVA (VAT à 5 %), qui suit un calendrier trimestriel distinct.

Erreurs à éviter

  • Croire qu'une free zone = 0 % automatique. Sans statut QFZP ni revenu qualifiant, votre société de free zone est taxée à 9 % comme une autre.
  • Confondre chiffre d'affaires et bénéfice. Le seuil de 375 000 AED porte sur le bénéfice imposable ; ceux du Small Business Relief (3 M AED) et de l'obligation d'enregistrement des personnes physiques (1 M AED) portent sur le chiffre d'affaires.
  • Négliger l'enregistrement parce qu'on sera à 0 %. L'enregistrement est obligatoire même sans impôt à payer.
  • Oublier d'activer le Small Business Relief. L'exonération est une option à cocher : sans élection sur EmaraTax, elle ne s'applique pas.
  • Facturer le mainland sans y penser. Le revenu tiré du marché intérieur peut faire sauter le test de minimis et disqualifier votre 0 %.

Pour cadrer votre montage, appuyez-vous sur notre guide fiscalité de Dubaï, le panorama de l'installation à Dubaï et, au besoin, notre accompagnement fiscalité.

Questions fréquentes

Une société de free zone à Dubaï paie-t-elle vraiment 0 % ?

Oui, mais seulement si elle est reconnue Qualifying Free Zone Person et uniquement sur son revenu qualifiant. Sans substance réelle, sans respect du test de minimis ou en facturant trop le mainland, elle bascule au taux normal de 9 %.

À partir de quel bénéfice le taux de 9 % s'applique-t-il ?

Au-delà de 375 000 AED (environ 93 750 €) de bénéfice imposable par période fiscale. En dessous, le taux est de 0 %. Le calcul est progressif : seule la fraction au-dessus du seuil est taxée.

Un freelance doit-il payer le corporate tax à Dubaï ?

Il y est soumis si son chiffre d'affaires commercial aux Émirats dépasse 1 000 000 AED sur l'année. Il doit alors s'enregistrer auprès de la FTA, même s'il finit à 0 % grâce au seuil de 375 000 AED ou au Small Business Relief.

Quand faut-il déclarer le corporate tax ?

Dans les 9 mois suivant la clôture de l'exercice. Pour un exercice clos le 31 décembre 2025, la déclaration et le paiement sont dus au 30 septembre 2026, exclusivement via la plateforme EmaraTax de la FTA.

Le corporate tax remet-il en cause l'absence d'impôt sur le revenu à Dubaï ?

Non. Les salaires et revenus personnels restent non imposés. Le corporate tax vise le bénéfice des activités économiques, pas votre rémunération de particulier.

B
Par Baptiste FiguiereFondateur de Relown · Publié le 1 juillet 2026 · Mis à jour en juillet 2026