Gratte-ciels de Dubai Marina au coucher du soleil
🇦🇪 Dubaï · Fiscalité

La fiscalité à Dubaï : le guide complet pour les francophones

7 min de lecture Mis à jour · juillet 2026

Dans : Fiscalité à l'étranger

Sommaire
  1. L'essentiel
  2. Impôt sur le revenu
  3. Corporate tax
  4. TVA à 5 %
  5. Patrimoine et succession
  6. Résidence fiscale
  7. Erreurs à éviter
  8. Guides détaillés
  9. Questions fréquentes

Zéro impôt sur le revenu, c'est l'argument qui fait rêver tout candidat à l'expatriation vers Dubaï. La réalité fiscale émirienne est réelle et légale, mais elle s'accompagne de règles précises côté entreprises et, surtout, d'un piège classique côté français : la résidence fiscale. Voici la vue d'ensemble complète, chiffres officiels à l'appui, pour comprendre ce que vous paierez vraiment et par où commencer.

L'essentiel

À Dubaï, les particuliers ne paient aucun impôt sur le revenu, ni sur la fortune, ni sur les successions. Les entreprises sont soumises à une corporate tax de 9 % au-delà de 375 000 AED (0 % en dessous) et une TVA de 5 % s'applique. Le vrai enjeu pour un Français reste de couper proprement sa résidence fiscale avec la France avant tout départ.

L'essentiel

Dubaï, comme l'ensemble des Émirats arabes unis, applique un modèle fiscal parmi les plus légers au monde pour les personnes physiques. Il n'existe aucun impôt fédéral ou local sur le revenu des particuliers : salaires, revenus de freelance, dividendes personnels et loyers perçus à titre privé échappent totalement à l'impôt. Ce principe vaut pour les Émiriens comme pour les résidents étrangers, sans plafond de revenu.

La fiscalité émirienne repose donc sur trois piliers principaux : l'absence d'imposition des personnes, une corporate tax de 9 % pour les entreprises au-delà d'un seuil, et une TVA de 5 % sur la consommation. Le tableau ci-dessous résume l'ensemble.

Type d'impositionTaux 2026Qui est concerné
Impôt sur le revenu des particuliers0 %Tous les résidents
Corporate tax (impôt sur les sociétés)0 % puis 9 %Entreprises au-delà de 375 000 AED de bénéfice
TVA5 %Consommateurs et entreprises
Impôt sur la fortuneAucun
Droits de succession et de donationAucun
Impôt sur les plus-values (particuliers)0 %Investisseurs privés

Chaque pilier mérite d'être approfondi. Ce guide pilier vous donne la vue d'ensemble ; pour les détails opérationnels, nous renvoyons vers les articles dédiés à l'impôt sur le revenu, à la corporate tax et à la TVA.

Impôt sur le revenu

C'est le cœur de l'attrait de Dubaï. Aucun impôt n'est prélevé sur les revenus des personnes physiques, quelle que soit leur source ou leur montant. Un cadre qui gagne l'équivalent de 200 000 € par an conserve l'intégralité de son salaire brut, sans prélèvement à la source, sans déclaration annuelle de revenus, et sans cotisations sociales de type CSG-CRDS pour les non-Émiriens.

Concrètement, cela change la logique de rémunération : à Dubaï, on raisonne en net réel plutôt qu'en brut. Un package annoncé correspond quasiment à ce qui tombe sur le compte. Attention toutefois : cette absence d'impôt ne dispense pas de vérifier votre situation vis-à-vis de la France, ni de cotiser volontairement pour votre retraite ou votre couverture santé, qui ne sont plus prises en charge par un système public.

Ce point est développé en profondeur dans notre article dédié à l'impôt sur le revenu à Dubaï, avec les cas particuliers des freelances et des dividendes.

Besoin d'aide pour « fiscalité » à Dubaï ?

Lancez votre demande sur Relown : un expert francophone vérifié s'en occupe pour vous, de A à Z.

Commencer gratuitement

Corporate tax

Introduite par le Federal Decree-Law No. 47 of 2022 et effective pour les exercices ouverts à partir du 1er juin 2023, la corporate tax est le principal impôt qui concerne les entrepreneurs francophones installés à Dubaï. Son barème est simple :

  1. 0 % sur les premiers 375 000 AED de bénéfice imposable (environ 93 750 €).
  2. 9 % sur la part de bénéfice qui dépasse ce seuil.

Exemple concret : une société de trading à Dubaï réalisant 800 000 AED de bénéfice imposable (environ 200 000 €) paie 9 % sur 425 000 AED, soit 38 250 AED d'impôt, environ 9 560 €. Le seuil de 375 000 AED s'applique par personne imposable, ce qui rend les choix de structuration importants.

Les entreprises implantées en free zone peuvent, sous conditions strictes, bénéficier d'un taux de 0 % sur leurs revenus qualifiés. Toute société doit désormais s'enregistrer auprès de la Federal Tax Authority et déposer sa déclaration dans les neuf mois suivant la clôture de son exercice. Les détails, le régime free zone et le calendrier de dépôt sont couverts dans l'article corporate tax à Dubaï.

TVA à 5 %

Instaurée le 1er janvier 2018, la TVA (VAT) émirienne reste fixée à 5 % en 2026, l'un des taux les plus bas au monde. Elle s'applique à la majorité des biens et services, certains secteurs étant exonérés ou taxés à 0 % (exportations, certains services financiers, immobilier résidentiel dans certains cas, santé et éducation sous conditions).

Pour un particulier, l'impact est minime : 5 % sur les achats courants, contre 20 % de TVA standard en France. Pour une entreprise, l'enregistrement à la TVA devient obligatoire dès 375 000 AED de chiffre d'affaires taxable annuel (environ 93 750 €), et volontaire à partir de 187 500 AED (environ 46 875 €). Une société qui franchit le seuil obligatoire dispose de 30 jours pour s'enregistrer, sous peine d'une pénalité de 10 000 AED (environ 2 500 €).

Le mécanisme de récupération de la TVA en amont, la facturation et le dépôt des déclarations via la plateforme EmaraTax de la Federal Tax Authority sont détaillés dans notre article TVA à Dubaï.

Patrimoine et succession

Au-delà de l'impôt sur le revenu, Dubaï se distingue par l'absence totale de fiscalité patrimoniale. Il n'existe aucun impôt sur la fortune, aucun équivalent de l'IFI français. Les plus-values réalisées par un particulier sur la vente d'actions ou d'un bien immobilier ne sont pas imposées à titre personnel.

Surtout, les Émirats n'appliquent ni droits de succession ni droits de donation. Un patrimoine peut être transmis sans prélèvement fiscal local. Attention cependant : la transmission d'un défunt étranger peut, en l'absence de testament, être régie par la charia devant les tribunaux locaux. Les résidents étrangers ont donc intérêt à rédiger un testament auprès des juridictions dédiées (DIFC Wills) pour choisir le droit applicable. Et pour un Français, la question des droits de succession français peut ressurgir selon la localisation des biens et le domicile fiscal des héritiers.

Résidence fiscale

C'est le point que la plupart des candidats sous-estiment. Ne plus payer d'impôt à Dubaï ne suffit pas : encore faut-il avoir cessé d'être résident fiscal français. Or, l'article 4 B du Code général des impôts retient trois critères alternatifs : disposer en France de son foyer ou de son lieu de séjour principal, y exercer son activité professionnelle principale, ou y avoir le centre de ses intérêts économiques. Un seul critère rempli suffit à vous maintenir imposable en France sur l'ensemble de vos revenus mondiaux.

La règle des 183 jours n'est donc pas un sésame magique : passer moins de six mois en France ne vous exonère pas si votre conjoint et vos enfants y résident, ou si l'essentiel de votre activité y demeure. La convention fiscale franco-émirienne sert ensuite à départager les cas de double résidence, mais elle n'efface pas les critères internes français.

Côté émirien, la résidence fiscale s'obtient via un Tax Residency Certificate délivré par la Federal Tax Authority, sur la base de la Cabinet Decision No. 85 of 2022 : présence de 183 jours ou plus, ou 90 jours avec un logement permanent et des liens aux Émirats. Ce certificat est souvent indispensable pour activer la convention. Pour un départ sécurisé, faites-vous accompagner : notre service fiscalité vous aide à cadrer le dossier, et le guide expatriation à Dubaï couvre les démarches d'installation.

Erreurs à éviter

  • Croire que quitter physiquement la France suffit. Tant que vous conservez votre foyer familial ou le centre de vos intérêts économiques en France, vous restez imposable, même installé à Dubaï.
  • Oublier l'exit tax. Les détenteurs de participations importantes peuvent être soumis à une imposition latente des plus-values au moment du transfert de domicile hors de France. Ce point se anticipe avant le départ.
  • Négliger le certificat de résidence fiscale émirien. Sans Tax Residency Certificate, il est difficile d'opposer la convention à l'administration française.
  • Confondre free zone et exonération automatique. Le taux de 0 % de corporate tax en free zone est conditionné à des revenus qualifiés et au respect de règles de substance.
  • Sous-estimer la protection sociale. Sans impôt, mais aussi sans Sécurité sociale : retraite, santé et prévoyance doivent être couvertes en privé ou via la Caisse des Français de l'étranger.

Tous nos guides « Fiscalité » à Dubaï

Approfondissez chaque aspect avec nos guides détaillés :

Questions fréquentes

Vais-je vraiment payer 0 impôt sur mon salaire à Dubaï ?

Oui, les Émirats ne prélèvent aucun impôt sur le revenu des personnes physiques, quel que soit le montant. La condition est d'avoir effectivement cessé d'être résident fiscal français au sens de l'article 4 B du CGI, sinon la France peut continuer à imposer vos revenus mondiaux.

Un freelance ou auto-entrepreneur doit-il payer la corporate tax ?

La corporate tax de 9 % vise le bénéfice des entreprises au-delà de 375 000 AED (environ 93 750 €). En dessous, le taux est de 0 %. Certaines activités individuelles peuvent entrer dans le champ selon leur nature et leur licence ; un accompagnement est recommandé pour valider votre cas.

La TVA à Dubaï concerne-t-elle les particuliers ?

Oui, la TVA de 5 % s'applique à la plupart des achats de biens et services. Elle reste bien inférieure aux 20 % français. L'enregistrement à la TVA n'est obligatoire que pour les entreprises dépassant 375 000 AED de chiffre d'affaires taxable annuel.

Y a-t-il des droits de succession à Dubaï ?

Non, les Émirats n'appliquent ni droits de succession ni droits de donation. En revanche, la transmission d'un résident étranger sans testament peut être soumise au droit local. Rédiger un testament DIFC est vivement conseillé, et les règles françaises peuvent s'appliquer selon la situation des héritiers.

Combien de jours dois-je passer aux Émirats pour être résident fiscal ?

La Cabinet Decision No. 85 of 2022 prévoit 183 jours de présence, ou 90 jours avec un logement permanent et des liens aux Émirats. Vous pouvez alors demander un Tax Residency Certificate à la Federal Tax Authority, souvent nécessaire pour activer la convention fiscale.

B
Par Baptiste FiguiereFondateur de Relown · Publié le 1 juillet 2026 · Mis à jour en juillet 2026
Fait avec ❤️ par Jupulse.com