On vous a sûrement vendu Dubaï comme un paradis fiscal à 0 %. La réalité de 2026 est plus nuancée : depuis l'entrée en vigueur de l'impôt fédéral sur les sociétés, les règles se sont précisées, et une société mal structurée peut se retrouver à payer 9 % là où elle pensait ne rien devoir. Ce guide fait le point sur ce que votre entreprise paiera réellement à Dubaï : les seuils, le régime des free zones, la TVA, et surtout les obligations d'enregistrement auprès de la Federal Tax Authority qu'il ne faut jamais négliger.
À Dubaï en 2026, une société paie 0 % d'impôt sur les sociétés jusqu'à 375 000 AED (~93 750 €) de bénéfice, puis 9 % au-delà. Une société de free zone conserve 0 % sur ses revenus qualifiants si elle respecte les conditions du régime QFZP. La TVA est de 5 %, et il n'existe aucun impôt sur le revenu des personnes physiques.
Panorama 2026
Dubaï n'est plus le territoire totalement exonéré qu'on imaginait il y a dix ans. Trois impôts structurent aujourd'hui la vie d'une entreprise : l'impôt sur les sociétés (corporate tax), en vigueur depuis les exercices ouverts à compter du 1er juin 2023, la TVA à 5 % appliquée depuis 2018, et, pour les très grands groupes internationaux uniquement, un impôt minimum de 15 %.
Ce qui reste totalement absent, en revanche : l'impôt sur le revenu des personnes physiques. Votre salaire, vos dividendes personnels et vos plus-values privées ne sont pas imposés aux Émirats. C'est cette combinaison — une fiscalité d'entreprise faible et une fiscalité personnelle nulle — qui fait tout l'intérêt de s'installer ici. Encore faut-il comprendre comment articuler les deux, ce que nous détaillons dans le guide création d'entreprise à Dubaï.
Corporate tax 9 %
Le principe est simple à retenir. Sur les bénéfices imposables de votre société, vous appliquez :
- 0 % sur la tranche de bénéfice jusqu'à 375 000 AED (environ 93 750 €) ;
- 9 % sur la part de bénéfice qui dépasse ce seuil.
Concrètement, une société qui dégage 500 000 AED de bénéfice imposable ne paie 9 % que sur 125 000 AED, soit 11 250 AED d'impôt (environ 2 810 €). Le taux effectif reste donc très bas pour les petites structures. Ce seuil de 375 000 AED s'apprécie par bénéfice, et non par chiffre d'affaires : c'est votre résultat après charges qui compte.
Un dispositif complémentaire existe pour les jeunes entreprises : le Small Business Relief. Si votre chiffre d'affaires ne dépasse pas 3 000 000 AED (environ 750 000 €) sur l'exercice et sur tous les exercices antérieurs, vous pouvez être traité comme n'ayant aucun bénéfice imposable. Attention toutefois : ce régime de faveur est prévu pour expirer fin 2026, il ne faut donc pas bâtir votre stratégie dessus sur le long terme.
Free zone 0 %
C'est la partie que la plupart des articles simplifient à outrance. Oui, une société implantée en free zone peut conserver un taux de 0 % — mais uniquement si elle décroche le statut de Qualifying Free Zone Person (QFZP) et que ses revenus sont des revenus qualifiants.
Pour rester à 0 %, la société doit notamment :
- disposer d'une substance économique réelle dans la zone (locaux, personnel, activité effective) ;
- ne pas avoir opté volontairement pour le régime standard à 9 % ;
- tenir des états financiers audités ;
- respecter le test de minimis : les revenus non qualifiants ne doivent pas dépasser le plus petit des deux montants entre 5 % du chiffre d'affaires total et 5 000 000 AED (environ 1 250 000 €).
Tout revenu jugé non qualifiant — typiquement, des ventes directes à des clients particuliers du marché continental émirati (mainland) — est imposé à 9 %, et sans le bénéfice de la tranche exonérée de 375 000 AED. Autrement dit, franchir le seuil de minimis peut faire basculer l'ensemble de votre activité vers le régime taxé. Le choix entre free zone et mainland conditionne donc directement votre facture fiscale, un arbitrage que nous approfondissons dans notre comparatif des types de société à Dubaï.
TVA 5 %
La TVA émiratie s'élève à 5 %, l'un des taux les plus bas au monde. Elle s'applique à la plupart des biens et services, avec des exonérations ou un taux zéro pour certains secteurs (santé, éducation, exportations, certains services financiers).
L'enregistrement à la TVA devient obligatoire dès que vos livraisons taxables dépassent 375 000 AED (environ 93 750 €) de chiffre d'affaires annuel. En dessous, à partir de 187 500 AED (environ 46 875 €), l'enregistrement est volontaire — souvent utile pour récupérer la TVA payée sur vos achats et frais de lancement.
Une fois enregistrée, votre société collecte la TVA, la reverse à la Federal Tax Authority via le portail EmaraTax, et dépose des déclarations périodiques. C'est un poste à intégrer dès l'ouverture de votre compte bancaire professionnel, car les flux doivent être traçables.
Zéro impôt perso
C'est le pilier de l'attractivité de Dubaï, et il tient toujours en 2026 : il n'existe aucun impôt sur le revenu des particuliers aux Émirats arabes unis. Salaires, revenus de freelance, dividendes que vous vous versez, revenus locatifs, plus-values sur cessions personnelles — rien n'est prélevé au niveau de la personne.
Pour un entrepreneur, cela change la logique par rapport à la France : l'imposition se joue au niveau de la société (0 % ou 9 %), et ce qui remonte vers votre patrimoine personnel n'est pas taxé localement. Vigilance cependant si vous restez résident fiscal d'un autre pays : votre pays de résidence peut, lui, taxer ces revenus. La résidence fiscale émiratie effective est donc un sujet à sécuriser en amont.
Enregistrement FTA
Même à 0 % d'impôt, votre société doit s'enregistrer auprès de la Federal Tax Authority pour l'impôt sur les sociétés. C'est une erreur fréquente de croire qu'une free zone à 0 % dispense de toute démarche : l'enregistrement est obligatoire pour toutes les personnes morales, free zone comprises.
- Enregistrement corporate tax sur le portail EmaraTax de la FTA, dans les délais fixés par l'Autorité. Le retard est sanctionné d'une pénalité administrative de 10 000 AED (environ 2 500 €).
- Tenue d'une comptabilité conforme et conservation des justificatifs (états financiers audités exigés pour le statut QFZP).
- Dépôt de la déclaration annuelle dans les 9 mois suivant la clôture de l'exercice. Pour un exercice clos le 31 décembre 2025, la déclaration et le paiement éventuel sont dus au plus tard le 30 septembre 2026.
- Enregistrement à la TVA séparément si vous franchissez le seuil de 375 000 AED de livraisons taxables.
Ces coûts de conformité (comptabilité, audit, éventuel accompagnement fiscal) sont à budgéter dès le départ. Nous les détaillons dans notre article dédié au coût de création d'une société à Dubaï.
Tableau récap
Voici, en un coup d'œil, ce que votre société paiera réellement selon sa situation.
| Impôt | Taux | Seuil / condition |
|---|---|---|
| Impôt sur les sociétés (mainland) | 0 % puis 9 % | 0 % jusqu'à 375 000 AED de bénéfice, 9 % au-delà |
| Impôt sur les sociétés (free zone QFZP) | 0 % | Sur revenus qualifiants, si conditions QFZP remplies |
| Revenus non qualifiants (free zone) | 9 % | Au-delà du test de minimis (5 % du CA ou 5 M AED) |
| TVA | 5 % | Enregistrement obligatoire dès 375 000 AED de CA taxable |
| Impôt sur le revenu des personnes | 0 % | Aucun, quel que soit le montant |
| Impôt minimum (DMTT) | 15 % | Uniquement groupes multinationaux ≥ 750 M€ de CA consolidé |
Erreurs à éviter
- Croire que la free zone dispense d'enregistrement. Même à 0 %, l'enregistrement corporate tax auprès de la FTA est obligatoire, sous peine de 10 000 AED de pénalité.
- Confondre chiffre d'affaires et bénéfice. Le seuil de 375 000 AED s'applique au bénéfice imposable, pas au CA. Ne surestimez pas votre exonération.
- Vendre au mainland depuis une free zone sans vérifier le test de minimis. Trop de revenus non qualifiants peut faire perdre le statut QFZP et taxer toute l'activité à 9 %.
- Ignorer sa résidence fiscale d'origine. Le 0 % personnel émirati ne vous protège pas si un autre pays vous considère encore résident fiscal.
- Compter sur le Small Business Relief à long terme. Ce régime est prévu pour expirer fin 2026.
La fiscalité à Dubaï récompense les structures bien montées et pénalise l'improvisation. Pour sécuriser chaque étape, découvrez notre service de création d'entreprise et l'ensemble de nos guides pour s'expatrier à Dubaï.
Sources officielles
Federal Tax Authority — enregistrement et régime de TVA aux Émirats ↗Ministry of Finance UAE — pénalité de 10 000 AED pour enregistrement corporate tax tardif ↗PwC Tax Summaries — fiscalité des entreprises et autres taxes aux Émirats ↗PwC Tax Summaries — absence d'impôt sur le revenu des personnes physiques ↗EY — législation sur l'impôt minimum de 15 % (DMTT) applicable aux multinationales ↗Questions fréquentes
Une société en free zone paie-t-elle vraiment 0 % d'impôt à Dubaï ?
Oui, mais sous conditions. Elle doit obtenir le statut de Qualifying Free Zone Person (substance économique, états financiers audités, respect du test de minimis) et ne percevoir que des revenus qualifiants. Les revenus non qualifiants sont taxés à 9 %, sans la tranche exonérée de 375 000 AED.
À partir de quel bénéfice paie-t-on l'impôt sur les sociétés à Dubaï ?
L'impôt de 9 % ne s'applique qu'à la part du bénéfice imposable dépassant 375 000 AED (environ 93 750 €). En dessous de ce seuil, le taux est de 0 %. Le seuil concerne le bénéfice après charges, pas le chiffre d'affaires.
Faut-il s'enregistrer à la FTA même si on ne paie pas d'impôt ?
Oui. Toutes les sociétés émiraties, y compris les free zones à 0 %, doivent s'enregistrer pour l'impôt sur les sociétés sur le portail EmaraTax de la Federal Tax Authority. Un enregistrement tardif entraîne une pénalité de 10 000 AED (environ 2 500 €).
Y a-t-il un impôt sur le revenu pour les particuliers à Dubaï ?
Non. Les Émirats arabes unis n'appliquent aucun impôt sur le revenu des personnes physiques : salaires, dividendes, revenus de freelance, loyers et plus-values privées ne sont pas imposés localement en 2026.
Quel est le taux de TVA à Dubaï et quand s'enregistrer ?
La TVA est de 5 %. L'enregistrement est obligatoire dès que vos livraisons taxables dépassent 375 000 AED de chiffre d'affaires annuel, et volontaire à partir de 187 500 AED, ce qui permet de récupérer la TVA sur vos achats.
Quand faut-il déposer sa déclaration d'impôt sur les sociétés ?
La déclaration doit être déposée dans les 9 mois suivant la clôture de l'exercice. Pour un exercice clos le 31 décembre 2025, l'échéance de dépôt et de paiement est fixée au 30 septembre 2026.




