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Garder son compte bancaire français en vivant à Malte : ce qui change vraiment

10 min de lecture Mis à jour · juillet 2026

Dans : Banque à Malte · Banque à l'étranger

Sommaire
  1. Peut-on garder son compte ?
  2. Le compte non-résident
  3. La banque peut refuser
  4. Épargne : ce qui reste
  5. Banques en ligne
  6. Le côté maltais
  7. Erreurs à éviter
  8. Questions fréquentes

Vous partez vivre à Malte et une question revient sans cesse : faut-il fermer son compte français, ou peut-on le garder ? La réponse rassurante d'abord — rien ne vous oblige à clôturer. Mais votre banque, elle, peut changer d'avis : devenir non-résident fiscal transforme votre compte, restreint certains produits d'épargne et met parfois l'établissement mal à l'aise. Ce guide, écrit pour les expatriés francophones de Malte, détaille exactement ce qui change, ce que vous devez déclarer, quelles banques jouent le jeu et comment articuler tout cela avec le régime fiscal maltais. Objectif : garder un pied bancaire solide en France sans mauvaise surprise.

L'essentiel

Oui, vous pouvez garder votre compte bancaire français en vivant à Malte. Vous devez informer votre banque de votre départ : le compte bascule en statut « non-résident ». La banque n'a toutefois aucune obligation de le conserver et peut le clôturer avec un préavis, généralement de deux mois. Livret A et PEA restent accessibles, LEP et Livret Jeune doivent être fermés.

Peut-on garder son compte ?

Sur le principe, oui. Aucune loi française ne vous impose de clôturer votre compte courant quand vous partez vivre à l'étranger. Malte étant un État membre de l'Union européenne, vous restez dans l'espace SEPA : votre IBAN français continue de fonctionner pour recevoir un salaire, payer un prélèvement ou faire un virement, exactement comme avant. C'est un vrai confort quand on garde des attaches en France — un bien immobilier, un crédit en cours, des revenus fonciers, ou tout simplement la volonté de conserver une carte bancaire familière.

Le vrai sujet n'est donc pas « ai-je le droit ? » mais « ma banque va-t-elle accepter de me suivre ? ». Car en devenant non-résident fiscal, vous changez de catégorie aux yeux de l'établissement. Certaines banques traditionnelles gèrent très bien les clients non-résidents et disposent même de services dédiés ; d'autres, notamment plusieurs banques en ligne, préfèrent limiter cette clientèle. Avant de faire vos cartons, ce point mérite un appel à votre conseiller.

Cette souplesse tranche avec l'ouverture d'un compte sur place : à Malte, la démarche est plus lente et pointilleuse qu'on ne l'imagine. Beaucoup d'expatriés conservent donc leur compte français quelques mois, le temps d'ouvrir un compte local. Notre guide dédié à la banque à Malte détaille cette bascule, et le service d'accompagnement bancaire Relown peut vous aider à ouvrir votre compte maltais sans les allers-retours habituels.

Le compte non-résident

La première démarche, souvent négligée, est aussi la plus importante : prévenir votre banque de votre départ. Ce n'est pas une simple formalité de courtoisie. Dès lors que votre domicile fiscal est transféré à Malte, votre statut change et votre compte courant est reclassé en compte de non-résident. Vous restez titulaire, mais l'administration bancaire et fiscale vous traite désormais différemment.

Pourquoi le faire ? D'abord parce que votre banque est tenue, dans le cadre de l'échange automatique d'informations (norme CRS/EAI), de connaître votre pays de résidence fiscale et votre numéro d'identification fiscale maltais. Ensuite parce qu'un compte laissé au statut « résident » alors que vous vivez à l'étranger vous expose à une régularisation désagréable le jour où l'établissement s'en aperçoit — gel temporaire, demande de justificatifs en urgence, voire clôture.

Concrètement, prévenez votre banque quelques semaines avant le départ, communiquez votre nouvelle adresse à Malte et confirmez par écrit votre changement de résidence fiscale. La question de savoir quand vous devenez précisément non-résident dépend de la convention fiscale franco-maltaise et de votre situation réelle (centre des intérêts vitaux, durée de séjour). Sur ce cadrage, appuyez-vous sur notre guide complet de l'expatriation à Malte plutôt que sur une date arbitraire.

Bon à savoir. Informer votre banque et déclarer votre départ à l'administration fiscale française sont deux démarches distinctes. La première touche votre compte ; la seconde, votre imposition. Faites les deux, dans l'ordre, pour éviter tout décalage administratif.

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La banque peut refuser

Voici le point que peu d'articles assument clairement : une banque française n'a aucune obligation de conserver un client devenu non-résident. Tout comme elle est libre d'accepter ou non l'ouverture d'un compte à un non-résident, elle peut décider de mettre fin à la relation. Dans ce cas, elle doit respecter le préavis prévu à votre convention de compte, généralement deux mois pour un compte courant, sans avoir à motiver sa décision.

Ce risque est réel mais rarement brutal : les grandes banques de réseau (BNP, Société Générale, Crédit Agricole, LCL…) conservent le plus souvent leurs clients non-résidents, parfois moyennant une tarification « non-résident » un peu plus élevée. Ce sont surtout certaines banques en ligne qui, faute de vouloir gérer la conformité internationale, ferment plus facilement les comptes de non-résidents.

Si vous vous retrouvez sans solution — banque qui clôture et refus ailleurs — vous n'êtes pas démuni. En tant que citoyen européen, vous pouvez actionner la procédure de droit au compte auprès de la Banque de France : celle-ci désigne alors un établissement obligé d'ouvrir un compte de dépôt assorti des services bancaires de base. Ce filet de sécurité vous garantit de conserver un accès bancaire en France quoi qu'il arrive.

Conseil. Avant de partir, demandez par écrit à votre conseiller la confirmation que votre compte peut rester ouvert en tant que non-résident, et sous quelles conditions tarifaires. Un e-mail clair vaut mieux qu'une promesse orale au guichet.

Épargne : ce qui reste

Le compte courant survit à l'expatriation, mais tous les produits d'épargne réglementée ne bénéficient pas du même sort. Plusieurs sont réservés aux personnes fiscalement domiciliées en France et doivent être clôturés à votre départ. Voici le panorama à connaître avant de faire vos comptes.

ProduitEn devenant non-résident à Malte
Compte courantConservable (passe en statut non-résident)
Livret AConservable, mais aucun nouveau ne peut être ouvert
LDDSÀ clôturer selon la plupart des banques (réservé aux résidents)
LEPClôture obligatoire
Livret JeuneClôture obligatoire
PEAConservable (Malte n'est pas un État non coopératif)
Assurance-vieConservable, fiscalité selon la convention
Compte-titres ordinaireConservable

Le Livret A peut donc rester ouvert : vous conservez le vôtre, sans pouvoir en ouvrir un nouveau depuis Malte. À l'inverse, le LEP et le Livret Jeune doivent être fermés, car ils supposent une domiciliation fiscale française. Le LDDS est le plus discuté : la majorité des banques demandent sa clôture, quelques-unes le tolèrent s'il a été ouvert avant le départ — à vérifier auprès de la vôtre.

Bonne nouvelle pour les investisseurs : depuis 2012, l'expatriation n'entraîne plus la clôture automatique du PEA, sauf départ vers un État ou territoire non coopératif (ETNC). Malte, membre de l'UE, n'en fait pas partie : vous pouvez conserver votre plan. Les règles fiscales applicables aux retraits changent toutefois selon la convention franco-maltaise, un point à valider avec un conseiller.

Attention. Chaque banque applique sa propre lecture, notamment pour le LDDS. Ne vous fiez pas à une règle générale trouvée sur un forum : demandez à votre établissement l'inventaire précis des produits à fermer et à conserver, par écrit.

Banques en ligne

Les banques en ligne sont plébiscitées par les expatriés pour leurs frais réduits, mais leur politique envers les non-résidents varie fortement. Le décor a d'ailleurs bougé ces dernières années, autant vérifier la situation à jour avant de compter dessus.

  • BoursoBank (ex-Boursorama) reste l'une des plus ouvertes aux non-résidents fiscaux, à l'exception des personnes domiciliées ou de nationalité américaine, écartées en raison de la réglementation FATCA. C'est souvent le premier choix des expatriés européens.
  • Fortuneo s'est durci : l'établissement refuse désormais l'ouverture de nouveaux comptes courants aux non-résidents fiscaux français. Si vous avez déjà un compte, renseignez-vous sur sa conservation avant de partir.
  • Néobanques européennes (Wise, Revolut, N26) : elles ne remplacent pas un compte français mais offrent un IBAN européen, une carte internationale et des changes avantageux. Pratiques en complément, elles dépannent si votre banque historique vous lâche.

La stratégie gagnante consiste souvent à combiner deux comptes : votre compte français historique pour vos attaches (crédit, revenus fonciers, prélèvements récurrents) et une néobanque ou un compte maltais pour la vie courante sur place. Cette double implantation vous évite de dépendre d'un seul établissement. Pour l'ouverture côté Malte, comparez les options dans notre dossier bancaire maltais.

Astuce. Avant tout départ, testez que vos moyens de paiement fonctionnent avec une adresse étrangère : certaines applications bancaires exigent une validation par SMS sur un numéro français. Conservez au moins un numéro mobile FR ou activez la double authentification par e-mail.

Le côté maltais

Garder son compte français n'est pas seulement une question de banque : cela s'articule avec le régime fiscal maltais, souvent avantageux pour les nouveaux résidents. Malte applique en effet le régime « non-dom » (remittance basis) : un résident non domicilié à Malte n'y est imposé que sur les revenus de source maltaise et sur les revenus étrangers effectivement rapatriés à Malte. Les revenus étrangers laissés à l'étranger échappent à l'impôt maltais, et les plus-values étrangères en sont totalement exonérées.

Conséquence directe : les sommes qui dorment sur votre compte français et que vous ne transférez pas à Malte ne sont, en principe, pas imposées localement. C'est précisément ce qui rend le maintien d'un compte en France stratégique pour beaucoup d'expatriés. Attention toutefois au seuil de l'imposition minimale : sous le régime non-dom classique, une taxe minimale de 5 000 € par an peut s'appliquer si vos revenus étrangers dépassent 35 000 € et que vous invoquez la remittance basis.

Ne confondez pas non plus les obligations déclaratives. Le formulaire français 3916 sert à un résident fiscal français pour déclarer ses comptes détenus à l'étranger. Une fois résident fiscal maltais, vous n'êtes plus concerné par cette déclaration côté France ; c'est désormais l'administration maltaise qui attend une déclaration de vos revenus, selon la logique du montant réellement remis à Malte. Ce basculement d'obligations est l'un des points les plus mal compris de l'expatriation.

À retenir. Le régime non-dom ne « neutralise » pas automatiquement la fiscalité française si votre départ est mal structuré. La détermination du domicile fiscal repose sur la convention franco-maltaise et sur des critères concrets. Faites valider votre situation par un professionnel avant de vous appuyer sur ces règles.

Erreurs à éviter

Les mêmes maladresses reviennent chez les expatriés fraîchement installés à Malte. Les anticiper vous épargne des blocages de compte et des redressements.

  • Ne pas prévenir sa banque du départ. Laisser le compte au statut « résident » alors que vous vivez à Malte est irrégulier et peut déclencher un gel ou une clôture dès que la banque le découvre.
  • Croire que garder son compte est un droit opposable à la banque. L'établissement peut mettre fin à la relation avec préavis. Sécurisez une confirmation écrite avant de partir, et gardez le droit au compte en réserve.
  • Oublier de fermer les produits interdits. Conserver un LEP ou un Livret Jeune en étant non-résident est une irrégularité qui vous retombera dessus. Faites l'inventaire avant le départ.
  • Confondre les déclarations 3916 (France) et l'obligation maltaise. Continuer à déclarer comme résident français, ou ne rien déclarer côté Malte, vous expose des deux côtés.
  • Rapatrier de gros montants sur son compte maltais sans réflexion. Sous la remittance basis, ce que vous transférez à Malte peut devenir imposable. Planifiez vos virements plutôt que de vider votre compte français d'un coup.
  • Perdre l'accès à sa double authentification. Beaucoup d'apps bancaires françaises exigent un numéro FR. Anticipez, sous peine de ne plus pouvoir valider un virement depuis Malte.
Attention. Un compte français mal déclaré peut compromettre autant votre relation bancaire que votre statut fiscal. Traitez la banque et le fisc comme deux chantiers parallèles, jamais comme une seule case à cocher.

Questions fréquentes

Suis-je obligé de fermer mon compte français en partant à Malte ?

Non. Aucune loi ne vous impose de clôturer votre compte courant en vous expatriant à Malte, qui reste dans l'espace SEPA. Vous devez simplement informer votre banque de votre changement de résidence fiscale : le compte bascule alors en statut non-résident. En revanche, certains produits d'épargne réservés aux résidents (LEP, Livret Jeune) doivent bien être fermés.

Ma banque peut-elle fermer mon compte parce que je vis à Malte ?

Oui. Une banque française n'a pas l'obligation de conserver un client non-résident et peut clôturer le compte en respectant le préavis prévu, généralement de deux mois, sans motiver sa décision. Les grandes banques de réseau suivent le plus souvent leurs clients expatriés. Si vous n'avez plus de solution, la procédure de droit au compte auprès de la Banque de France reste ouverte.

Puis-je garder mon Livret A et mon PEA depuis Malte ?

Le Livret A peut être conservé, mais vous ne pouvez pas en ouvrir un nouveau une fois non-résident. Le PEA se conserve aussi depuis 2012, car Malte n'est pas un État non coopératif. En revanche, le LEP et le Livret Jeune doivent être clôturés, et le LDDS l'est dans la plupart des banques. Vérifiez la liste exacte avec votre établissement.

Quelle banque en ligne accepte les non-résidents fiscaux français ?

BoursoBank (ex-Boursorama) reste l'une des plus ouvertes aux non-résidents, sauf pour les personnes liées aux États-Unis via FATCA. Fortuneo, en revanche, refuse désormais l'ouverture de nouveaux comptes courants aux non-résidents. En complément, des néobanques européennes comme Wise, Revolut ou N26 fournissent un IBAN européen et une carte internationale.

L'argent laissé sur mon compte français est-il imposé à Malte ?

Sous le régime non-dom maltais (remittance basis), vous n'êtes imposé à Malte que sur les revenus de source maltaise et sur les revenus étrangers effectivement rapatriés à Malte. Les sommes laissées sur votre compte français et non transférées ne sont donc, en principe, pas imposées localement. Une taxe minimale de 5 000 € par an peut toutefois s'appliquer au-delà de 35 000 € de revenus étrangers.

Dois-je encore remplir le formulaire 3916 depuis Malte ?

Le formulaire 3916 concerne les résidents fiscaux français qui détiennent des comptes à l'étranger. Une fois devenu résident fiscal maltais, vous n'êtes plus tenu à cette déclaration côté France. C'est alors l'administration maltaise qui attend votre déclaration de revenus, selon la logique du montant réellement remis à Malte. Faites valider ce basculement par un professionnel.

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Par Baptiste FiguiereFondateur de Relown · Publié le 1 juillet 2026 · Mis à jour en juillet 2026