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La convention de stage à Malte pour un stagiaire français

7 min de lecture Mis à jour · juillet 2026

Dans : Emploi & stages à Malte · Emploi & stages à l'étranger

Sommaire
  1. C'est quoi
  2. Droit applicable
  3. Gratification
  4. Erasmus+
  5. Assurance
  6. L'obtenir
  7. Vs contrat
  8. Erreurs
  9. Questions fréquentes

Vous décrochez un stage à Malte et l'entreprise vous demande "votre convention" : c'est ce document qui rend le stage légal et vous couvre en cas de pépin. Sauf qu'entre le cadre français qui l'émet et le droit maltais qui s'applique sur place, beaucoup de stagiaires se trompent sur la gratification, l'assurance ou la durée. On a repris les règles officielles 2026 (CLEISS, Erasmus+, droit maltais) pour que vous signiez en connaissance de cause, sans mauvaise surprise à l'arrivée sur l'île.

L'essentiel

Pour faire un stage à Malte, un étudiant français a besoin d'une convention de stage tripartite (étudiant, établissement, entreprise). Elle est valable dans toute l'UE, donc aucun visa n'est requis. Attention : c'est le droit maltais qui s'applique. La gratification n'y est pas obligatoire et la semaine est de 40 heures, contrairement à la France.

C'est quoi

La convention de stage est un document tripartite : il est signé par vous (le stagiaire), votre établissement d'enseignement français et l'entreprise d'accueil maltaise. Depuis 2006, aucun stage ne peut légalement se faire sans elle, en France comme à l'étranger. C'est elle qui transforme votre présence dans l'entreprise en stage encadré, et non en travail dissimulé.

Concrètement, elle fixe vos missions, vos dates, votre volume horaire, l'identité de vos deux tuteurs (un dans l'entreprise, un dans votre école), votre éventuelle indemnisation et votre couverture sociale. C'est votre document de référence : en cas de litige, d'accident ou de désaccord sur les missions, c'est ce qui fait foi. À Malte, membre de l'Union européenne, cette convention française est reconnue et vous dispense de tout visa ou permis de travail si vous êtes citoyen d'un pays de l'UE.

Droit applicable

C'est le point que la plupart des guides oublient de marteler. Votre convention est émise en France, mais exécutée à Malte. Par principe de territorialité, ce sont les règles maltaises qui régissent vos conditions concrètes : durée du travail, rémunération éventuelle, horaires. L'emploi et les stages y sont encadrés par le Department of Industrial and Employment Relations (DIER) et l'Employment and Industrial Relations Act.

Deux différences majeures avec la France sautent aux yeux :

  • La semaine légale est de 40 heures à Malte, contre 35 heures en France. Votre convention indiquera donc probablement 40 h hebdomadaires.
  • La gratification n'est pas obligatoire. Le droit maltais n'impose aucune indemnité minimale de stage, contrairement au seuil légal français.

Autrement dit, votre établissement français peut inscrire un volume horaire de 40 h et une gratification à zéro sur la convention, en toute légalité, parce que c'est le cadre du pays d'accueil qui prime. Lisez bien ces deux lignes avant de signer.

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Gratification

En France, dès qu'un stage dépasse deux mois (44 jours à 7 h/jour), la gratification devient obligatoire : depuis le 1er janvier 2026, elle est au minimum de 4,50 €/h, soit 15 % du plafond horaire de la Sécurité sociale fixé à 30 €. Sur une base de 35 h par semaine, cela représente environ 675 €/mois.

À Malte, cette obligation ne s'applique pas. La majorité des stages y sont non rémunérés. Font exception certains secteurs où la concurrence pour les talents pousse les entreprises à indemniser : l'iGaming, la fintech, l'hôtellerie-restauration et le tourisme. Quand une indemnité existe, elle prend souvent la forme d'une allocation forfaitaire, parfois complétée par une aide au logement ou aux transports plutôt qu'un vrai salaire.

Pour situer : le salaire minimum maltais 2026 est de 229,44 €/semaine (environ 995 €/mois) pour un salarié de 18 ans et plus, mais un stagiaire n'y a pas droit automatiquement. La vraie compensation, pour beaucoup, reste la bourse Erasmus+. Découvrez le détail dans notre article sur le salaire minimum à Malte.

Erasmus+

Comme votre stage n'est probablement pas payé par l'entreprise, la bourse Erasmus+ devient votre principale source de revenu sur place. Elle est cumulable avec la convention et gérée par votre établissement via son bureau des relations internationales.

Malte est classée dans le groupe de pays au coût de vie le plus élevé, ce qui donne droit au montant socle le plus haut, complété d'un top-up spécifique aux stages. En pratique, comptez de l'ordre de 750 €/mois (socle + complément mobilité de stage), un chiffre à confirmer chaque année auprès de votre agence Erasmus+, car les barèmes sont réévalués.

Bonne nouvelle : Erasmus+ n'est plus réservé aux étudiants inscrits. Un demandeur d'emploi ou un jeune diplômé récent (jusqu'à 12 mois après l'obtention du diplôme) peut aussi partir en stage Erasmus+ via des consortiums et sa mission locale. Sur ces dossiers, l'organisme intermédiaire vous aide à monter la convention.

Assurance

C'est la partie que les stagiaires bâclent le plus, et celle qui coûte cher en cas de problème. Trois protections à sécuriser avant le départ :

ProtectionComment l'obtenirCe que ça couvre
Carte Européenne d'Assurance Maladie (CEAM)Gratuite, à demander sur votre compte Ameli 2 à 3 semaines avant le départSoins médicaux à Malte au tarif public
Accident du travailMaintenu par votre établissement si votre gratification est ≤ 661,50 €/mois (base 21 jours, 2026)Accident survenu pendant le stage
Responsabilité civile + rapatriementAssurance privée ou Caisse des Français de l'Étranger (CFE)Dommages causés à des tiers, rapatriement sanitaire

Point clé issu des règles CLEISS 2026 : tant que votre indemnité reste sous 661,50 €/mois, vous conservez la couverture accident du travail française via votre école. Au-delà, cette protection saute et vous devez vérifier que le régime maltais vous couvre, ou souscrire une assurance complémentaire. En cas d'accident, prévenez votre établissement sous 24 heures : il a 48 heures pour le déclarer à la CPAM.

L'obtenir

La convention se demande à votre établissement, mais elle ne se remplit qu'une fois le stage décroché. Voici l'ordre logique des démarches :

  1. Trouvez l'entreprise d'accueil (2 à 4 mois avant). Candidatures spontanées par mail en anglais, groupes Facebook d'expats, LinkedIn, ou agences de placement spécialisées Malte (200 à 1 500 €, qui proposent 3 à 4 offres et parfois le logement).
  2. Obtenez un accord écrit de l'entreprise précisant missions, dates, volume horaire et nom du tuteur maltais.
  3. Récupérez la trame de convention auprès du secrétariat ou du bureau des relations internationales de votre école.
  4. Remplissez-la et faites-la signer dans l'ordre : vous, puis l'entreprise, puis votre établissement en dernier (il valide que le stage entre dans votre cursus).
  5. Montez le dossier Erasmus+ en parallèle (Learning Agreement, convention de subvention) : les délais de traitement sont longs, comptez 6 à 12 mois avant le départ pour être serein.

Astuce : beaucoup d'entreprises maltaises, surtout dans l'iGaming, connaissent déjà le format de la convention française et ne bloquent pas. Envoyez-leur une version en anglais pour accélérer la signature.

Vs contrat

Un stagiaire n'est pas un salarié, et la nuance est loin d'être théorique. La convention vous place dans une logique pédagogique : vous êtes là pour apprendre, votre travail doit rester en lien avec votre formation, et vous gardez le statut d'étudiant. Le contrat de travail, lui, crée un lien de subordination salariale complet avec toutes les cotisations associées.

Différences pratiques à Malte :

  • Pas de permis de travail requis avec une convention (citoyen UE), là où un vrai emploi peut impliquer des formalités côté droit du travail local.
  • Vous restez rattaché à la Sécurité sociale française comme étudiant, sans cotiser au régime maltais tant que l'indemnité reste sous le seuil.
  • Vos missions sont bornées par la convention : une entreprise ne peut pas vous confier un poste de salarié à part entière. Si les tâches n'ont plus rien de pédagogique, c'est le signal d'une requalification abusive.

Cela dit, sur place, on attend de vous le même sérieux qu'un salarié : assiduité, respect du règlement intérieur, horaires tenus. La convention est un statut protecteur, pas un laissez-passer.

Erreurs

  • Croire que la gratification française s'applique. Non : à Malte, elle n'est pas obligatoire. Ne partez pas en pensant toucher 4,50 €/h automatiquement.
  • Oublier la CEAM. Sans elle, vos soins à Malte peuvent être facturés plein tarif. Demandez-la 2 à 3 semaines avant le départ.
  • Signer une convention à 40 h sans le savoir. Vérifiez le volume horaire : c'est le rythme maltais, pas les 35 h françaises.
  • Négliger l'assurance rapatriement. La CEAM ne couvre ni le rapatriement sanitaire ni la responsabilité civile. Souscrivez une assurance privée ou la CFE.
  • Accepter une indemnité juste au-dessus de 661,50 €/mois sans vérifier votre couverture. Ce seuil fait basculer votre protection accident du travail : au-delà, l'école ne vous couvre plus.
  • Lancer le dossier trop tard. Entre la recherche de stage et le dossier Erasmus+, il faut 6 à 12 mois. Un départ improvisé fait rater les financements.

Pour aller plus loin, consultez notre pilier emploi à Malte, notre guide complet des stages à Malte, ou l'ensemble de nos ressources pour s'installer à Malte. Besoin d'un accompagnement personnalisé ? Découvrez notre service emploi Relown.

Questions fréquentes

Ai-je besoin d'un visa pour faire un stage à Malte ?

Non, si vous êtes citoyen d'un pays de l'Union européenne. Votre convention de stage suffit et aucun permis de travail n'est requis. Malte étant membre de l'UE, vous circulez et faites votre stage librement avec votre carte d'identité ou passeport français.

Un stage à Malte est-il payé ?

Rarement. Le droit maltais n'impose aucune gratification, donc la majorité des stages sont non rémunérés. Seuls certains secteurs comme l'iGaming, la fintech, l'hôtellerie et le tourisme versent parfois une indemnité ou une aide au logement. La bourse Erasmus+ reste la principale source de revenu.

Combien de temps à l'avance faut-il préparer sa convention ?

Prévoyez 6 à 12 mois. Il faut d'abord décrocher le stage (2 à 4 mois), obtenir l'accord écrit de l'entreprise, puis faire signer la convention par les trois parties et monter le dossier Erasmus+, dont les délais de traitement sont longs.

La convention française est-elle valable à Malte ?

Oui, entièrement. La convention de stage française est reconnue dans toute l'UE, dont Malte. Mais attention : ce sont les règles maltaises (40 h par semaine, pas de gratification obligatoire) qui s'appliquent à vos conditions concrètes, par principe de territorialité.

Quelle assurance prévoir pour un stage à Malte ?

Trois protections : la Carte Européenne d'Assurance Maladie (CEAM) gratuite pour les soins, le maintien de la couverture accident du travail par votre école si l'indemnité reste sous 661,50 €/mois, et une assurance privée ou la CFE pour la responsabilité civile et le rapatriement.

Quelle est la durée maximale d'un stage à Malte ?

Une convention française couvre au maximum 6 mois par année d'enseignement dans le même organisme d'accueil, prolongations comprises. Les employeurs maltais privilégient d'ailleurs les stages de 6 mois, même si des formats courts de 2 à 4 semaines existent aussi.

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Par Baptiste FiguiereFondateur de Relown · Publié le 1 juillet 2026 · Mis à jour en juillet 2026