Quand on s'installe à Malte, on comprend vite que la vie sociale se joue autant autour d'un café-pâtisserie qu'ailleurs. La ricotta est reine, les fêtes rythment les vitrines et chaque village a son adresse fétiche. Voici le guide gourmand qu'on aurait aimé avoir en arrivant : les douceurs à connaître, ce qu'elles coûtent vraiment en 2026, et où les acheter sans se tromper.
À Malte, les desserts incontournables sont les kannoli (tubes croustillants à la ricotta, 2-3 € pièce), les imqaret (chaussons frits aux dattes, 1-1,50 € les deux ou trois), la helwa tat-Tork et les pastizzi sucrés. Chaque fête a sa douceur : figolli à Pâques, qagħaq tal-għasel à Noël, prinjolata au Carnaval. Les meilleures adresses restent le Caffe Cordina à La Valette et Crystal Palace à Rabat.
Les incontournables
Si vous ne deviez retenir que quelques noms, commencez par ceux-là. Les kannoli (au singulier kannol) sont des tubes de pâte frite, croustillants dehors, fourrés d'une crème de ricotta sucrée déclinée au chocolat, à la pistache ou aux fruits confits. Comptez 2 à 3 € pièce. C'est l'héritage sicilien le plus visible de l'île, et vous en trouverez dans presque chaque vitrine.
Viennent ensuite les imqaret (prononcez « im-a-rèt »), des losanges de pâte frite fourrés d'une purée de dattes parfumée à l'anis et à l'orange. Introduits sur l'île il y a près de mille ans, ils se dévorent brûlants, souvent 1 à 1,50 € les deux ou trois pièces. Leur odeur trahit toujours la présence d'un kiosque à proximité.
N'oubliez pas la helwa tat-Tork, le halva local à base de pâte de sésame et d'amandes ou pistaches, vendu à la coupe (3 à 4 € la portion), et les fameux pastizzi : ces feuilletés diamant, habituellement salés (ricotta ou purée de pois), existent aussi en versions sucrées à la crème. Un classique de la pause de milieu de matinée.
Un mot sur la ricotta : c'est le fil rouge de toute la pâtisserie maltaise. Elle garnit les kannoli, les żeppoli, les qassatat et bien des tartes. Si vous vous installez à l'année, vous la retrouverez fraîche dans presque tous les supermarchés, souvent d'origine locale ou sicilienne, ce qui explique pourquoi les desserts maison sont si faciles à reproduire ici.
Les desserts des fêtes
À Malte, le calendrier religieux se lit dans les vitrines. Impossible de passer à côté si vous vivez sur place à l'année.
- Pâques → figolli. De grands biscuits parfumés au citron et à l'orange, découpés en agneaux, cœurs, poissons ou œufs, fourrés d'une pâte d'amande moelleuse et nappés de glaçage royal ou de chocolat. On les offre aux enfants et on les partage en famille.
- Carême → kwareżimal. Un biscuit chewy aux amandes et aux épices, sans œufs ni beurre — donc naturellement vegan — que la tradition attribue aux Chevaliers de Malte. Sobre par choix : le Carême imposait de s'abstenir de produits animaux.
- Carnaval → prinjolata. Un dôme spectaculaire de génoise, crème, amandes et pignons, nappé de chocolat et de cerises confites. On le trouve de 2 à 8 € selon la taille.
- Noël → qagħaq tal-għasel. Les « anneaux de miel », une couronne de pâte fourrée de mélasse, d'anis étoilé, de clou de girofle et d'épices, dont la recette remonterait au XVe siècle.
- 19 mars, San Ġużepp → żeppoli. Des choux frits (parfois cuits au four aujourd'hui) fourrés de ricotta sucrée et arrosés de miel, préparés pour la Saint-Joseph.
Ce lien entre douceurs et calendrier n'a rien d'anecdotique : dans un pays profondément catholique, offrir un figolla à un enfant à Pâques ou partager des qagħaq tal-għasel à Noël fait partie du tissu social. En tant que nouvel arrivant, savoir reconnaître ces gâteaux et connaître leur saison vous fera gagner beaucoup de sympathie auprès de vos voisins maltais.
Où les acheter
La pâtisserie maltaise se vit autant dans les grandes institutions que dans les kiosques de village. Voici où les habitants vont vraiment.
- Caffe Cordina, La Valette. L'institution absolue, dont l'histoire familiale remonte à 1837, dans un décor grandiose face à la place. Idéal pour un café accompagné d'un pastizz (autour de 0,95 €), d'un kannol ou d'une pâtisserie de saison.
- Crystal Palace, Rabat. Le bar d'angle le plus commenté de l'île pour les pastizzi au saindoux et à la ricotta, ouvert à toute heure. L'adresse des vrais amateurs.
- Serkin (Is-Serkin), près de Mdina. À deux pas de l'ancienne capitale, l'arrêt incontournable pour des pastizzi tout juste sortis du four.
- Le kiosque à imqaret, porte de La Valette. Près de la station de bus, l'un des vendeurs d'imqaret les plus célèbres, ouvert la plupart des jours.
Pour rejoindre ces adresses dispersées entre La Valette, Rabat et Mdina, un plan de transports en bus Tallinja vous suffira largement au début. Si vous prévoyez d'écumer les pâtisseries de village le week-end, mieux vaut anticiper la question de la conduite à Malte.
Les prix 2026
Bonne nouvelle : la douceur reste l'un des plaisirs les moins chers du quotidien maltais. Voici les fourchettes constatées cette année.
| Douceur | Prix indicatif | Où |
|---|---|---|
| Pastizz (sucré ou salé) | 0,90 – 1,20 € | Cordina, kiosques, villages |
| Imqaret | 1 – 1,50 € (2-3 pièces) | Marchés, kiosque porte de La Valette |
| Kannol à la ricotta | 2 – 3 € | Cafés et pâtisseries |
| Helwa tat-Tork | 3 – 4 € la portion | Vendu à la coupe |
| Prinjolata (Carnaval) | 2 – 8 € selon taille | Boulangeries, en saison |
| Figolla (Pâques) | 5 – 15 €+ selon taille | Boulangeries, en saison |
Un vrai café gourmand à La Valette (café + pastizz ou kannol) revient donc souvent à moins de 4 €. De quoi caler une pause sans peser sur le budget d'installation.
Faire ses courses
Au-delà des adresses touristiques, la pâtisserie maltaise fait partie des courses ordinaires. Les boulangeries de quartier (furnara) vendent pastizzi et qassatat dès le matin, et beaucoup de supermarchés proposent des imqaret sous vide et de la helwa tat-Tork emballée à ramener ou à offrir.
Deux desserts maison reviennent sans cesse dans les cuisines maltaises. La pudina tal-ħobż, un pudding de pain rassis (le fameux pain maltais) trempé dans le lait, mêlé de cacao, fruits secs, noix et zeste d'orange, puis cuit : c'est le dessert anti-gaspillage par excellence, servi tiède ou frais avec un café. Et le kwareżimal, facile à réaliser puisqu'il ne demande ni œufs ni beurre.
Si vous comptez cuisiner régulièrement et rapporter vos courses depuis les marchés de Marsaxlokk ou les grands supermarchés, la question d'un véhicule se pose vite : notre comparatif voiture, achat ou pas à Malte vous aidera à trancher.
Bon à savoir
- Ne confondez pas les pastizzi et les desserts. Un pastizz est le plus souvent salé (ricotta ou pois). Précisez « sweet » si vous voulez la version crème.
- Mangez les imqaret et żeppoli chauds. Froids, ils perdent tout leur intérêt. Achetez-les au moment où vous les dégustez.
- Attention aux allergènes. Amandes, pistaches, sésame et fruits à coque sont partout (figolli, kwareżimal, helwa tat-Tork, prinjolata). Signalez toute allergie avant d'acheter.
- Certaines douceurs sont saisonnières. Les figolli et la prinjolata ne se trouvent facilement qu'autour de Pâques et du Carnaval ; les qagħaq tal-għasel restent plus disponibles toute l'année.
- Payez en petite monnaie. Les kiosques à imqaret et pastizzi préfèrent souvent l'espèce pour des montants d'un ou deux euros.
Pour resituer ces habitudes dans le rythme local, notre guide de la vie quotidienne à Malte couvre le reste du quotidien, et le guide destination Malte vous donne la vue d'ensemble avant l'installation.
Sources officielles
Chef's Pencil — Malta's Most Delicious Desserts ↗Corinthia — The Most Delicious Maltese Desserts ↗Malta Spirit — Où manger les pastizzi à Malte (2026) ↗1926 Les Bains — Maltese Desserts Worth Trying (prix) ↗Oh My Malta — Recipe: Kwareżimal ↗Caffe Cordina — Histoire depuis 1837 ↗Wikipedia — Imqaret ↗Wikipedia — Figolla ↗Apron & Whisk — Żeppoli ta' San Ġużepp ↗Questions fréquentes
Quelle est la pâtisserie la plus emblématique de Malte ?
Les imqaret, ces losanges de pâte frite aux dattes parfumés à l'anis, sont sans doute les plus identitaires : présents dans chaque fête de village et vendus en kiosque à 1-1,50 € les deux ou trois pièces. Les kannoli à la ricotta les concurrencent de près.
Les pastizzi sont-ils sucrés ou salés ?
Le plus souvent salés : les deux versions classiques sont à la ricotta ou à la purée de pois. Il existe cependant des pastizzi sucrés à la crème. Demandez « sweet » explicitement si vous cherchez la version dessert.
Où manger les meilleurs pastizzi et imqaret ?
Crystal Palace à Rabat et Serkin près de Mdina font référence pour les pastizzi. Pour les imqaret, le kiosque près de la porte de La Valette, à côté de la station de bus, est l'un des plus réputés de l'île.
Les figolli se trouvent-ils toute l'année ?
Non. Les figolli sont des gâteaux de Pâques et apparaissent surtout au printemps, dans les semaines qui précèdent la fête. La prinjolata est, elle, liée au Carnaval. Les qagħaq tal-għasel restent plus disponibles toute l'année.
Ces desserts contiennent-ils des allergènes ?
Très souvent, oui. Amandes, pistaches, fruits à coque et sésame sont présents dans les figolli, le kwareżimal, la helwa tat-Tork et la prinjolata. Le gluten et les produits laitiers (ricotta) sont aussi courants. Signalez toute allergie avant d'acheter.
Combien coûte un café gourmand à La Valette ?
Comptez souvent moins de 4 € pour un café accompagné d'un pastizz (autour de 0,95 € au Caffe Cordina) ou d'un kannol (2-3 €). La pâtisserie reste l'un des plaisirs les plus abordables du quotidien maltais.



