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Le système de santé maltais : public, gratuit et comment y accéder

9 min de lecture Mis à jour · juillet 2026

Dans : Santé à Malte · Santé à l'étranger

Sommaire
  1. Comment fonctionne le système de santé maltais
  2. Les trois voies d'accès aux soins gratuits
  3. Formulaire S1 : le pas-à-pas complet France puis Malte
  4. Médicaments gratuits, POYC et réseau des centres de santé
  5. Secteur privé et assurance santé exigée pour le titre de séjour
  6. Erreurs à éviter
  7. Questions fréquentes

Malte offre un système de santé public entièrement gratuit au point de service, calqué sur le modèle britannique, avec un hôpital central moderne (Mater Dei) et un réseau de dix centres de santé de proximité. Encore faut-il y ouvrir ses droits : un salarié n'a pas la même démarche qu'un retraité français, qui n'a pas la même démarche qu'un visiteur de court séjour. Ce guide détaille chaque voie d'accès, avec le pas-à-pas du formulaire S1 côté CPAM puis côté Entitlement Unit, le système méconnu des médicaments gratuits (Yellow Card, POYC) et les pièges qui coûtent cher à l'arrivée.

L'essentiel

À Malte, les soins publics sont gratuits pour tout résident qui cotise à la sécurité sociale (Class 1 ou Class 2), pour les retraités et détachés français via le formulaire S1, et aux urgences pour toute personne présente sur l'île. L'hôpital public de référence est Mater Dei, à Msida ; le call center des centres de santé est le 2123 1231.

Comment fonctionne le système de santé maltais

Malte dispose d'un système de santé mixte public-privé. Le secteur public, financé par les cotisations de sécurité sociale et l'impôt, est gratuit au point de service pour les personnes ayant ouvert leurs droits : pas de ticket modérateur, pas d'avance de frais à l'hôpital public, pas de médecin traitant obligatoire ni de parcours de soins imposé. Vous consultez directement un généraliste en centre de santé, ou un spécialiste après orientation.

Le pilier hospitalier est Mater Dei Hospital, ouvert en 2007 à Msida, doté d'environ 1 000 lits : c'est l'hôpital général de référence (urgences, chirurgie, imagerie, maternité). Gozo General Hospital couvre l'île de Gozo. La médecine de ville publique passe, elle, par les health centres (centres de santé) répartis sur le territoire.

Un atout décisif : la langue

L'anglais est langue officielle à Malte. Médecins, infirmiers et pharmaciens exercent en anglais : aucune barrière linguistique comme on peut en rencontrer ailleurs. Les ordonnances, comptes-rendus et notices sont en anglais.

À oublier : le mythe du « 5e meilleur système au monde »

Vous lirez partout que Malte serait « 5e système de santé mondial ». Ce classement provient du rapport de l'OMS de l'an 2000, jamais réactualisé depuis. À prendre avec recul : le système maltais est solide et gratuit, mais il connaît, comme partout, des délais d'attente réels dans le public pour l'imagerie et les spécialités non urgentes, ce qui pousse beaucoup de résidents vers le privé pour gagner du temps.

Les trois voies d'accès aux soins gratuits

Vous n'accédez pas au public gratuit par magie : votre droit dépend de votre statut. Il existe trois grandes portes d'entrée, et un tableau décisionnel pour vous y retrouver.

1. Vous cotisez à la sécurité sociale maltaise

Salarié ou indépendant affilié, vous cotisez et vous êtes couvert exactement comme un Maltais. Le salarié relève de la Class 1 (environ 10 % du salaire, à parts égales employeur/employé, barème revalorisé d'environ +3 % au 1er janvier 2026). L'indépendant relève de la Class 2 (environ 15 % du revenu net de l'année précédente, calculé par bandes de revenus). Votre numéro de sécurité sociale maltais (obtenu via Jobsplus / socialsecurity.gov.mt) matérialise le droit.

2. Vous êtes retraité ou détaché français : le formulaire S1

Si vous ne cotisez pas à Malte mais que la France reste responsable de votre couverture (retraités percevant une pension française, travailleurs détachés, certains demandeurs d'emploi indemnisés), la France émet un formulaire S1 que vous faites enregistrer à Malte. Vous obtenez alors les mêmes soins publics gratuits qu'un cotisant local, aux frais de la France. C'est la voie clé des retraités : elle est détaillée pas-à-pas plus bas.

3. Court séjour : la carte européenne (CEAM/EHIC)

Pour un séjour temporaire (avant installation, ou visite), la Carte Européenne d'Assurance Maladie couvre les soins médicalement nécessaires dans le public. Ce n'est pas une couverture de résident : elle ne remplace ni le S1 ni l'affiliation, et ne suffit pas pour un titre de séjour.

Tableau : quel est mon droit ?

ProfilDocument à obtenirSoins publics gratuits ?Assurance privée utile/exigée ?
Salarié cotisant (Class 1)N° sécurité sociale maltaisOui, comme un localFacultative (confort/rapidité)
Indépendant (Class 2)N° sécurité sociale + affiliationOui, comme un localFacultative
Retraité / détaché françaisFormulaire S1 + Certificate of EntitlementOui, aux frais de la FranceSouvent exigée pour le 1er titre de séjour
Court séjourCEAM / EHICSoins nécessaires seulementRecommandée (voyage)

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Formulaire S1 : le pas-à-pas complet France puis Malte

C'est le point que les guides francophones survolent : personne ne détaille la démarche des deux côtés. Voici la marche à suivre bout-en-bout.

Côté France : obtenir le S1 AVANT de partir

  1. Vérifiez votre éligibilité. Ont droit au S1 notamment : les retraités d'un régime français partant vivre à Malte, les travailleurs détachés, et certains demandeurs d'emploi indemnisés exportant leurs droits. Organisme : Assurance Maladie / CPAM ; pour les retraités, la carrière est gérée par la CARSAT (Assurance retraite). Coût : gratuit.
  2. Demandez le formulaire. Retraité : la demande passe par votre caisse d'Assurance Maladie, qui interroge votre statut de pensionné. Détaché : la demande est portée par l'employeur/organisme. Délai indicatif : comptez plusieurs semaines, anticipez 1 à 2 mois avant le départ.
  3. Récupérez le S1 original (document nominatif) et conservez des photocopies. C'est ce document que Malte enregistrera.

Côté Malte : enregistrer le S1 à l'Entitlement Unit

  1. Prenez rendez-vous ou présentez-vous à l'Entitlement Unit (rattachée au Ministry for Health), à Floriana / St Luke's Square (Gwardamangia). Renseignez les coordonnées à jour sur health.gov.mt.
  2. Fournissez les pièces : S1 original, passeport ou carte d'identité, justificatif de résidence à Malte (bail, adresse), et photocopies de chaque document.
  3. Obtenez le Certificate of Entitlement. Ce certificat maltais est la preuve concrète de votre droit aux soins publics gratuits ; présentez-le à l'hôpital, en centre de santé et en pharmacie POYC. Délai indicatif : de quelques jours à quelques semaines.

Une fois ce certificat en poche, un retraité français est soigné dans le public maltais comme un résident cotisant, la France remboursant Malte via le mécanisme européen. Sur le plan fiscal, la pension et la résidence relèvent d'autres règles (convention France-Malte, résidence fiscale) que nous traitons dans les guides dédiés du cluster.

Médicaments gratuits, POYC et réseau des centres de santé

Deux dispositifs quasi invisibles dans la presse francophone changent tout au quotidien : les schémas de médicaments gratuits et le POYC.

Yellow Card vs Pink Card : bien distinguer

Malte finance certains médicaments gratuitement, via deux dispositifs différents :

DispositifSchedulePour quiCondition de ressources
Yellow CardSchedule VMaladies chroniques (liste d'environ 83 pathologies : diabète, cardiopathies, etc.)Non — droit ouvert par la pathologie, sans means-test
Pink CardSchedule IIFoyers à faibles revenusOui — sous conditions de ressources (means-test)

Autrement dit, un résident atteint d'une pathologie chronique listée obtient ses médicaments gratuitement quels que soient ses revenus grâce à la Yellow Card : information décisive, jamais expliquée en français.

Le POYC : Pharmacy of Your Choice

Les médicaments gratuits ne se retirent pas à l'hôpital mais dans la pharmacie de quartier de votre choix, que vous désignez une fois : c'est le système POYC (Pharmacy of Your Choice). Vous récupérez vos traitements près de chez vous, sur présentation de votre carte et de l'ordonnance publique.

Les centres de santé : il y en a dix, pas huit

Beaucoup d'articles parlent de « 8 centres » : c'est faux. Le réseau public de soins primaires compte dix health centres, offrant généralistes gratuits, soins infirmiers, podologie, kinésithérapie, cliniques diabète/orthopédie et suivi Well Baby. Plusieurs sont ouverts 24h/24 — notamment Floriana, Mosta et Paola — les autres selon des horaires étendus. Un call center centralise l'information et les rendez-vous : 2123 1231. Vérifiez toujours les horaires du jour sur primaryhealthcare.gov.mt.

La carte RHA, filet de sécurité

Pour les personnes présentes à Malte sans autre droit ouvert, il existe une Residual Healthcare Access (RHA), gérée par l'Entitlement Unit. Absente des guides francophones, elle peut éviter un vide de couverture ; renseignez-vous auprès du Ministry for Health si aucune des trois voies ne s'applique à vous.

Secteur privé et assurance santé exigée pour le titre de séjour

Le privé maltais est rapide et de bonne qualité : cliniques et hôpitaux privés (par exemple St James Hospital, Saint Thomas Hospital) permettent d'éviter les files d'attente du public. Vous payez, mais sans délai.

Coûts indicatifs dans le privé

PrestationCoût indicatif (privé)
Consultation généraliste (GP)10–15 €
Consultation spécialiste50–120 €
IRM200–350 €
Chambre privée (par nuit)100–200 €

L'assurance privée, souvent obligatoire pour le séjour

Point qui surprend les Français : même si vous aurez ensuite droit aux soins publics gratuits, une assurance santé privée est fréquemment exigée pour obtenir ou renouveler certains titres de séjour (résidence par exemple), avec une couverture minimale souvent fixée autour de 108 000 €. Les assureurs actifs sur le marché incluent Gasan Mamo, Atlas, Laferla, Elmo, Bupa, Cigna et Allianz. Fourchettes indicatives : environ 160 à 700 €/an pour une police locale, 600 à 3 000 €/an pour une couverture internationale, selon l'âge et les garanties.

Urgences : 112, gratuit pour tous

En cas d'urgence, composez le 112. Les urgences de Mater Dei sont accessibles et gratuites pour toute personne présente à Malte, indépendamment de son statut. Standard de Mater Dei : +356 2545 0000.

Erreurs à éviter

Quelques pièges concrets, ceux qui coûtent du temps et de l'argent à l'installation :

  • Confondre CEAM et couverture de résident. La carte européenne couvre le court séjour, pas votre vie de résident. Une fois installé, basculez vers le S1 (retraité/détaché) ou l'affiliation (cotisant).
  • Croire que « soins gratuits » dispense d'assurance privée. Beaucoup de titres de séjour exigent une assurance avant délivrance, même si vous serez couvert par le public ensuite. Souscrivez-la en amont.
  • Ne pas anticiper le délai d'ouverture des droits. Entre l'arrivée, l'enregistrement du S1 et l'obtention du Certificate of Entitlement, il s'écoule un laps de temps. Gardez une couverture valable pendant cette transition.
  • Demander le S1 trop tard. Lancez la demande côté CPAM/CARSAT 1 à 2 mois avant le départ ; sans le S1 original, l'Entitlement Unit ne peut pas ouvrir vos droits.
  • Négliger le POYC et la Yellow Card. Un malade chronique qui ignore la Yellow Card paie inutilement des traitements gratuits. Désignez votre pharmacie POYC dès l'ouverture des droits.
  • Se fier au classement « OMS 2000 ». Jugez le système sur les délais réels d'aujourd'hui, pas sur un palmarès vieux de 25 ans.

Pour échanger des retours d'expérience concrets, le groupe « Francophones à Malte » reste une bonne source d'entraide au quotidien.

Questions fréquentes

Les soins sont-ils vraiment 100 % gratuits à Malte ?

Dans le secteur public, oui, pour qui a ouvert ses droits : hospitalisation à Mater Dei, généralistes en centre de santé, urgences (112) et médicaments des schémas Yellow/Pink Card sont gratuits, sans avance de frais. Le privé, lui, est payant. Et une assurance privée peut rester exigée pour le titre de séjour.

Je suis retraité français : comment garder ma couverture santé à Malte ?

Demandez le formulaire S1 à votre Assurance Maladie avant de partir (la carrière étant suivie par la CARSAT), puis faites-le enregistrer à l'Entitlement Unit maltaise pour obtenir votre Certificate of Entitlement. Vous êtes alors soigné dans le public comme un local, aux frais de la France.

Faut-il un médecin traitant à Malte ?

Non. Il n'y a pas de médecin traitant obligatoire ni de parcours de soins imposé. Vous consultez librement un généraliste en centre de santé (gratuit dans le public) ou en cabinet privé, et êtes orienté vers un spécialiste si nécessaire.

Combien de temps pour ouvrir mes droits en arrivant ?

Cela dépend de votre voie : un salarié est couvert dès son affiliation et l'obtention du numéro de sécurité sociale ; un titulaire de S1 doit compter le délai d'enregistrement à l'Entitlement Unit, de quelques jours à quelques semaines. Prévoyez une couverture transitoire pendant ce laps de temps.

Où retirer mes médicaments gratuits ?

Dans la pharmacie de quartier que vous désignez via le système POYC (Pharmacy of Your Choice). Les traitements des maladies chroniques listées (Schedule V) sont gratuits grâce à la Yellow Card, sans condition de ressources, sur présentation de votre carte et de l'ordonnance publique.

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Par Baptiste FiguiereFondateur de Relown · Publié le 1 juillet 2026 · Mis à jour en juillet 2026