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Humidité et moisissure dans les logements à Malte

7 min de lecture Mis à jour · juillet 2026

Dans : Logement à Malte · Logement à l'étranger

Sommaire
  1. Pourquoi Malte
  2. Reconnaître les signes
  3. Prévenir au quotidien
  4. Traiter la moisissure
  5. Vos droits de locataire
  6. Vérifier avant de louer
  7. Erreurs à éviter
  8. Questions fréquentes

Vous venez d'emménager à Malte et vous voyez apparaître des taches noires derrière l'armoire, une odeur de renfermé, des vêtements humides dans la penderie ? Vous n'êtes pas seul : l'humidité est l'un des premiers chocs des expatriés francophones l'hiver venu. Ce guide vous explique pourquoi le phénomène est si répandu, comment le maîtriser concrètement, et ce que la loi maltaise impose à votre propriétaire.

L'essentiel

L'humidité est un problème structurel à Malte : murs en calcaire poreux, absence de chauffage central et un taux qui grimpe jusqu'à 79 % en janvier favorisent la condensation et la moisissure. Aérez chaque jour, utilisez un déshumidificateur et inspectez les murs avant de signer. En cas de moisissure persistante, la loi (Chapitre 604) oblige votre propriétaire à maintenir le logement habitable.

Pourquoi Malte

Trois facteurs se combinent pour faire de Malte un terrain idéal à la moisissure. D'abord la pierre calcaire (globigerina limestone), matériau de construction quasi universel de l'archipel : elle est très poreuse et absorbe l'eau de pluie et l'humidité du sol, puis la relâche lentement à l'intérieur des pièces. Ensuite, la quasi-totalité des logements maltais sont construits sans chauffage central ni isolation thermique : les murs restent froids en hiver, et la vapeur d'eau de l'air chaud intérieur s'y condense. Enfin, le climat : l'humidité relative moyenne est de 76 % sur l'année et culmine à 79 % en janvier, au moment même où le mercure descend (16 °C de maximale en février, le mois le plus froid). Résultat : entre novembre et mars, chaque douche, chaque casserole et chaque respiration ajoute de l'eau à un air déjà saturé, qui se dépose sur les surfaces froides. C'est un problème de logement récurrent à Malte, que vous trouverez rarement mentionné dans les annonces mais qu'il vaut mieux anticiper dès la recherche de votre logement à Malte.

Reconnaître les signes

Tous les problèmes d'humidité ne se traitent pas de la même façon. Savoir distinguer leur origine vous évite de dépenser dans la mauvaise solution et vous aide à situer la responsabilité (la vôtre ou celle du propriétaire).

Signe observéCause probableQui doit agir
Buée sur les fenêtres, taches noires dans les angles froids et derrière les meublesCondensation liée à la ventilation et au mode de vieLocataire (aération, déshumidificateur)
Auréoles jaunes/brunes au plafond ou sous une fenêtreInfiltration par la toiture ou un joint défectueuxPropriétaire (réparation)
Salpêtre, peinture cloquée en bas des murs, sel qui affleureRemontée d'humidité par la pierre (rising damp)Propriétaire (traitement du mur)
Moisissure verte/noire diffuse dans une pièce entière sans chauffageAir froid + humidité + absence de ventilationLocataire, avec obligation d'habitabilité du propriétaire

La condensation est de loin la plus fréquente en appartement et reste largement de votre ressort. L'infiltration et la remontée d'humidité, elles, relèvent d'un défaut du bâti que le propriétaire doit corriger.

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Prévenir au quotidien

La bonne nouvelle : 80 % des cas de condensation se règlent avec de bonnes habitudes et un appareil à une centaine d'euros. Voici la routine qui fonctionne dans un logement maltais l'hiver.

  1. Aérez tous les jours, 10 à 15 minutes, même en hiver, de préférence aux heures ensoleillées : ouvrir en grand quelques minutes assèche mieux qu'une fenêtre entrebâillée toute la journée.
  2. Achetez un déshumidificateur (12 à 20 L/jour) et faites-le tourner dans la pièce la plus humide, souvent la chambre. Un déshumidificateur assèche l'air et rend la pièce plus tempérée, souvent mieux qu'un radiateur d'appoint.
  3. Décollez les meubles des murs extérieurs de 5 à 10 cm pour laisser l'air circuler derrière : c'est là, dans l'ombre et le froid, que la moisissure démarre.
  4. Couvrez les casseroles et allumez la hotte en cuisinant ; fermez la porte de la salle de bain et aérez après chaque douche.
  5. Ne séchez jamais le linge à l'intérieur sans ventiler : une machine de linge humide relâche plusieurs litres d'eau dans l'air.
  6. Laissez les portes intérieures ouvertes pour homogénéiser l'air et éviter qu'une pièce froide et fermée ne devienne un piège à humidité.

Ces gestes valent pour tous les quartiers, mais le risque est plus marqué dans les rez-de-chaussée anciens et les logements donnant sur des ruelles peu ensoleillées : un critère à garder en tête que vous cherchiez à vous loger à Sliema ou à Gzira.

Traiter la moisissure

Si les taches noires sont déjà là, ne vous contentez pas de repeindre par-dessus : la moisissure repoussera. Nettoyez d'abord, corrigez la cause ensuite. Sur une surface non poreuse (carrelage, peinture lessivable), une solution nettoyante antifongique ou de l'eau javellisée diluée élimine les spores ; portez des gants et un masque, et ventilez pendant l'opération. Sur une petite surface poreuse (joints, plâtre), un produit anti-moisissure du commerce fait l'affaire. En revanche, si la zone dépasse environ un mètre carré, si elle revient sans cesse ou si elle s'accompagne de salpêtre, le problème vient du mur lui-même : c'est au propriétaire d'intervenir, pas à vous de camoufler. Après nettoyage, la clé est d'empêcher la récidive : maintenez la pièce ventilée et tempérée, gardez le déshumidificateur en marche pendant les mois humides, et surveillez les points chauds (angles nord, arrière des placards). Une peinture anti-condensation ou un traitement antifongique de finition peut aider sur les surfaces récurrentes, mais ne remplacera jamais la correction de la cause. Prenez cela au sérieux : l'exposition prolongée aux moisissures d'intérieur est associée à des troubles respiratoires, des irritations cutanées, des maux de tête et une fatigue chronique, particulièrement chez les enfants et les personnes asthmatiques.

Vos droits de locataire

À Malte, la location résidentielle privée est encadrée par le Chapitre 604 (Private Residential Leases Act). Le propriétaire a l'obligation légale de vous fournir un logement habitable et de réaliser les réparations nécessaires au maintien de cette habitabilité : une infiltration par la toiture, une remontée d'humidité structurelle ou un défaut d'étanchéité entrent dans ce cadre. Points clés à connaître :

  • Bail enregistré : tout contrat doit être enregistré auprès de la Housing Authority ; depuis la réforme de 2024, le propriétaire dispose de 30 jours pour le faire. Un bail non enregistré est nul et inopposable, ce qui vous prive de recours. Vérifiez toujours que le vôtre l'est.
  • Signalez par écrit : dès l'apparition d'une moisissure d'origine structurelle, d'une fuite ou d'une infiltration, prévenez le propriétaire par message écrit et datez vos preuves (photos). Cette trace est essentielle en cas de litige.
  • En cas de désaccord : l'Adjudicating Panel de la Housing Authority tranche les litiges jusqu'à 5 000 € (dépôt de garantie, entretien) ; au-delà, ou pour les questions d'expulsion, c'est le Rent Regulation Board.

Attention à la nuance : la condensation liée à un manque d'aération est généralement considérée comme relevant du locataire, tandis que l'humidité venant du bâti relève du propriétaire. D'où l'intérêt d'avoir bien identifié l'origine (voir plus haut) avant d'ouvrir une discussion. Besoin d'être épaulé dans ces démarches ? Notre accompagnement logement à Malte peut vous aider à cadrer le dialogue avec le bailleur.

Vérifier avant de louer

La meilleure défense contre l'humidité, c'est la visite. Idéalement, visitez hors saison touristique (l'hiver révèle ce que l'été masque) et passez cette checklist :

  • Sentez l'air : une odeur de renfermé ou de moisi persiste même après aération dans un logement à problème.
  • Inspectez les angles, les plinthes et le dessous des fenêtres : traces noires, peinture cloquée ou repeinte de frais uniquement dans un coin sont des signaux d'alerte.
  • Regardez derrière les meubles et dans les placards : c'est là que la moisissure se cache.
  • Orientation et lumière : un logement bien exposé au soleil et traversant (fenêtres sur deux façades) sèche naturellement.
  • Demandez s'il y a un déshumidificateur ou une climatisation réversible : l'absence totale d'équipement dans un rez-de-chaussée est un mauvais signe.
  • Faites inscrire l'état des murs dans l'inventaire (condition report) annexé au bail : cela protège votre dépôt de garantie au départ.

Ces réflexes s'appliquent à toute l'île ; pour un panorama complet des quartiers, des prix et des pièges, consultez notre guide de l'expatriation à Malte.

Erreurs à éviter

  • Repeindre sur la moisissure sans traiter la cause : elle traverse la peinture en quelques semaines.
  • Calfeutrer totalement le logement pour garder la chaleur : sans renouvellement d'air, l'humidité explose. Il faut chauffer ET ventiler.
  • Utiliser un chauffage à gaz d'appoint sans aérer : la combustion du gaz produit elle-même de la vapeur d'eau et aggrave la condensation.
  • Sécher le linge sur un radiateur, porte fermée : vous transformez la pièce en hammam.
  • Signer un bail non enregistré auprès de la Housing Authority : vous perdez tout recours légal en cas de litige sur l'entretien.
  • Attendre le printemps pour signaler une infiltration : plus vous tardez, plus les dégâts (et la responsabilité disputée) s'installent.

Questions fréquentes

L'humidité est-elle vraiment un problème dans tous les logements à Malte ?

C'est très répandu, surtout entre novembre et mars, à cause des murs en calcaire poreux et de l'absence de chauffage central. Les rez-de-chaussée anciens et les logements peu ensoleillés sont les plus touchés ; un appartement récent, bien exposé et équipé d'une climatisation réversible s'en sort beaucoup mieux.

Un déshumidificateur suffit-il à régler le problème ?

Pour la condensation, oui dans la plupart des cas : un appareil de 12 à 20 L/jour dans la pièce la plus humide, combiné à une aération quotidienne, élimine l'essentiel. En revanche, si l'humidité vient d'une infiltration ou d'une remontée par le mur, le déshumidificateur ne fait que masquer le symptôme : c'est le bâti qu'il faut traiter.

Mon propriétaire est-il obligé de traiter la moisissure ?

Le Chapitre 604 l'oblige à maintenir le logement habitable et à réaliser les réparations structurelles : infiltration, remontée d'humidité, défaut d'étanchéité relèvent de lui. La condensation due à un manque d'aération est en revanche généralement considérée comme relevant du locataire. Signalez toujours le problème par écrit avec photos datées.

Que faire si mon propriétaire refuse d'agir ?

Vérifiez d'abord que votre bail est enregistré auprès de la Housing Authority, sans quoi vous n'avez pas de recours. Ensuite, l'Adjudicating Panel de la Housing Authority tranche les litiges d'entretien jusqu'à 5 000 €. Conservez toutes vos preuves écrites : messages, photos, état des lieux.

À quelle période de l'année visiter pour repérer l'humidité ?

L'hiver (décembre à mars) est le moment idéal : c'est là que l'humidité relative culmine autour de 79 % et que les taches réapparaissent. Une visite estivale peut donner une fausse impression de logement sain, car la chaleur et la ventilation naturelle masquent temporairement le problème.

B
Par Baptiste FiguiereFondateur de Relown · Publié le 1 juillet 2026 · Mis à jour en juillet 2026