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Citoyenneté maltaise par investissement : est-ce encore possible en 2026 ?

8 min de lecture Mis à jour · juillet 2026

Dans : Golden Visa à Malte · Golden Visa à l'étranger

Sommaire
  1. La réponse en 2026
  2. Ce qu'était l'ancien dispositif
  3. L'arrêt de la CJUE du 29 avril 2025
  4. Ce qui change concrètement en 2026
  5. Les alternatives légales restantes
  6. Erreurs à éviter
  7. Questions fréquentes

Vous avez lu qu'un passeport maltais s'achetait contre 600 000 à 750 000 euros et vous vous demandez si c'est toujours d'actualité. La réponse tient en une date : le 29 avril 2025, la Cour de justice de l'Union européenne a jugé que ce dispositif violait le droit de l'UE. Malte l'a fermé. Je vous explique factuellement ce qu'était ce programme, ce que la Cour a décidé, ce que ça change concrètement en 2026, et quelles voies légales restent ouvertes pour obtenir à terme la nationalité maltaise. Aucun raccourci, mais un cadre clair.

L'essentiel

Non. Depuis l'arrêt de la Cour de justice de l'UE du 29 avril 2025 (affaire C-181/23), la citoyenneté maltaise par investissement direct (ex-« golden passport ») est jugée contraire au droit de l'Union et Malte a fermé le dispositif : acheter un passeport maltais n'est plus possible en 2026. Il reste des voies légales fondées sur la résidence, plus longues, sans achat de nationalité.

La réponse en 2026

Soyons direct : acheter la citoyenneté maltaise n'est plus possible en 2026. Le programme qui le permettait, la « citoyenneté par naturalisation pour services exceptionnels par investissement direct » (souvent abrégée MEIN ou baptisée « golden passport »), a été jugé contraire au droit de l'Union européenne par la Cour de justice de l'UE dans l'affaire C-181/23, arrêt rendu le 29 avril 2025. Malte a suspendu puis abrogé le dispositif dans la foulée.

Attention à une confusion fréquente. Beaucoup de sites d'agences continuent de vendre du « Malta citizenship by investment » comme s'il existait encore, ou présentent un nouveau programme « par mérite » comme un simple relookage. Ce n'est pas le cas : en 2026, aucune contribution financière ne garantit ni n'achète la nationalité maltaise. Les seules voies restantes reposent sur une résidence réelle et durable, ce qui n'a rien à voir avec l'ancienne logique. Ce guide fait partie de notre pilier golden visa Malte, qui couvre l'ensemble des dispositifs d'investissement et de résidence de l'archipel.

Ce qu'était l'ancien dispositif

Pour comprendre ce qui a disparu, il faut connaître le mécanisme. Le programme MEIN, encadré par la Community Malta Agency, permettait à un ressortissant hors UE d'obtenir la nationalité maltaise (donc la citoyenneté européenne) en combinant trois engagements financiers et une période de résidence préalable.

Concrètement, le candidat devait verser une contribution au National Development and Social Fund de 600 000 € (naturalisation après 36 mois de résidence) ou de 750 000 € (procédure accélérée à 12 mois). Il devait aussi acheter un bien immobilier d'au moins 700 000 € ou en louer un à 16 000 € par an minimum, conservé cinq ans, et faire un don de 10 000 € à une organisation philanthropique, culturelle, sportive ou scientifique reconnue. Le programme était plafonné à 400 demandeurs principaux par an, dans la limite de 1 500 au total.

Sur le papier, une « résidence » de 12 ou 36 mois était exigée. Dans les faits, c'est précisément cette obligation minimale, sans réelle présence physique ni intégration, que la Cour a considérée comme un simple habillage d'une transaction commerciale.

Il faut aussi distinguer deux briques que l'ancien programme confondait. Le candidat obtenait d'abord un titre de résidence maltais, puis la naturalisation au terme du délai. Cette résidence préalable n'imposait pas de vivre concrètement dans l'archipel : elle servait surtout à cocher une case administrative avant la remise du certificat de citoyenneté. C'est ce découplage entre le statut affiché et la vie réelle qui a fragilisé le dispositif face au droit européen. Comprendre ce montage aide à saisir pourquoi les alternatives de 2026, elles, exigent une présence authentique et non plus une simple formalité.

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L'arrêt de la CJUE du 29 avril 2025

Le 29 avril 2025, la Cour de justice de l'Union européenne a rendu son arrêt dans l'affaire C-181/23, opposant la Commission européenne à Malte. Sa conclusion est nette : le régime maltais d'octroi de la citoyenneté contre investissement est contraire au droit de l'Union.

Le raisonnement repose sur trois points. D'abord, la Cour rappelle que la citoyenneté de l'Union, prévue à l'article 20 du TFUE, découle de la nationalité d'un État membre et suppose un « lien de solidarité et de loyauté » ainsi qu'un rapport authentique avec l'État. Ensuite, elle juge que l'acquisition de la nationalité ne peut résulter d'une simple transaction commerciale : monnayer la citoyenneté revient à la « commercialiser ». Enfin, en faisant peser ce risque sur la confiance mutuelle entre États membres, Malte a manqué à son devoir de coopération loyale.

Si les États restent en principe libres de définir qui sont leurs nationaux, la Cour pose une limite : cette compétence doit s'exercer dans le respect du droit de l'UE. Vous pouvez consulter le communiqué officiel de la Cour et l'analyse de la Commission européenne, qui menait cette procédure d'infraction depuis 2020.

La portée dépasse Malte. C'était le dernier État membre à commercialiser ainsi sa nationalité après l'abandon des dispositifs chypriote et bulgare. En consacrant le principe qu'un passeport de l'Union ne se vend pas, l'arrêt fait jurisprudence pour toute l'UE : aucun État ne pourra relancer un programme équivalent sans se heurter à la même censure. Pour un francophone qui vise Malte, la conséquence est simple : il faut désormais raisonner en projet de vie, pas en placement.

Ce qui change concrètement en 2026

Depuis l'arrêt, Malte a modifié son Citizenship Act (subsidiary legislation ajustée le 24 juillet 2025) pour retirer la voie « par investissement direct ». À la place, l'État communique désormais sur une naturalisation « pour services exceptionnels par mérite », qui n'est pas un programme d'investissement : aucun barème de contribution ne donne droit à un passeport. Voici la comparaison entre l'ancien monde et le nouveau.

CritèreAncien dispositif (MEIN, jusqu'en 2025)Situation post-arrêt (2026)Alternative légale par résidence
NatureNationalité contre investissementAbrogé, jugé illégal par la CJUERésidence d'abord, naturalisation ensuite
Contribution600 000 à 750 000 € au fonds NDSFAucune contribution n'achète la nationalitéPas d'achat de nationalité
ImmobilierAchat ≥ 700 000 € ou location ≥ 16 000 €/anSans objetBien éligible via MPRP
Délai vers passeport12 ou 36 moisVoie ferméePlusieurs années de résidence effective
Présence exigéeMinimale, symboliqueRésidence réelle et intégration

Point important : les personnes déjà naturalisées sous l'ancien régime avant sa fermeture conservent leur citoyenneté, l'arrêt ne remettant pas en cause les décisions individuelles antérieures.

Les alternatives légales restantes

Si votre objectif reste un passeport européen depuis Malte, il existe deux briques à assembler, dans cet ordre : d'abord obtenir une résidence, puis naturaliser après plusieurs années de vie effective sur place.

1. La résidence par investissement (MPRP). Le Malta Permanent Residence Programme reste ouvert et légal. Il donne une résidence permanente, pas la nationalité. Il suppose de justifier d'un patrimoine d'au moins 500 000 € (dont 150 000 € d'actifs financiers) ou 650 000 € (dont 75 000 €), une contribution gouvernementale d'environ 99 000 €, la location ou l'achat d'un bien éligible, et un don caritatif. C'est un point d'entrée, encadré par Residency Malta Agency.

2. La naturalisation ordinaire par résidence longue. Après une installation réelle, vous pouvez demander la nationalité par naturalisation. Le Citizenship Act exige d'avoir résidé légalement à Malte au moins cinq ans, dont les 12 mois précédant immédiatement la demande en continu, et un cumul de quatre années sur les six années antérieures, avec bonne conduite et intégration effective (emploi, fiscalité, attaches). Les demandes sont traitées par la Community Malta Agency. Pour choisir votre porte d'entrée, comparez les visas et titres de séjour maltais selon votre situation.

Cette voie est plus lente et suppose de vivre vraiment à Malte. C'est justement ce que la Cour a voulu garantir : un lien authentique, pas un versement.

Quelques repères de calendrier pour poser des attentes réalistes. Une demande MPRP bien préparée atteint généralement une approbation de principe en quatre à six mois, la carte de résidence étant délivrée dans les huit à quatorze mois. Ensuite seulement démarre le compteur des cinq années de résidence légale ouvrant la naturalisation. Autrement dit, entre le dépôt du dossier de résidence et une éventuelle demande de passeport, comptez plusieurs années, sans garantie automatique au bout : la naturalisation ordinaire reste une décision discrétionnaire, conditionnée à votre conduite, votre fiscalité et votre intégration réelle. C'est un projet d'installation, à préparer en amont avec un budget et un horizon adaptés.

Erreurs à éviter

Le sujet attire encore beaucoup de désinformation. Voici les pièges les plus courants observés chez les francophones qui s'y intéressent.

  • Croire les agences qui « vendent » encore le passeport maltais. Toute offre promettant la nationalité maltaise contre un montant fixe en 2026 est trompeuse, voire frauduleuse. Le dispositif est abrogé depuis l'arrêt C-181/23.
  • Confondre résidence et citoyenneté. Le MPRP donne un droit de séjour, pas un passeport. Ce sont deux statuts juridiques distincts, avec des droits différents (le passeport ouvre la libre circulation et le vote UE, pas la carte de résident).
  • Sous-estimer l'exigence de présence réelle. La naturalisation par résidence n'est pas un compte à rebours automatique : elle suppose une vie effective à Malte, une fiscalité en règle et des attaches vérifiables.
  • Verser des fonds avant tout contrôle officiel. Ne transférez jamais d'argent sur la seule promesse d'un intermédiaire. Vérifiez chaque étape auprès des agences officielles (Community Malta Agency, Residency Malta, Identità).
  • Se fier à des articles antérieurs à mai 2025. Tout contenu qui décrit encore le MEIN comme actif est périmé. Datez vos sources.

Questions fréquentes

Peut-on encore acheter un passeport maltais en 2026 ?

Non. Depuis l'arrêt de la CJUE du 29 avril 2025 (affaire C-181/23), la citoyenneté maltaise par investissement direct est jugée contraire au droit de l'UE et Malte a fermé le dispositif. Aucune contribution financière ne permet d'acheter la nationalité en 2026.

Pourquoi la Cour de justice de l'UE a-t-elle interdit le golden passport maltais ?

La Cour a jugé, sur le fondement de l'article 20 du TFUE, que la citoyenneté de l'Union ne peut résulter d'une transaction commerciale. Le dispositif maltais octroyait la nationalité sans lien authentique avec le pays, ce qui violait le droit de l'UE et le devoir de coopération loyale entre États membres.

Que deviennent les personnes déjà naturalisées sous l'ancien programme ?

Elles conservent leur citoyenneté maltaise. L'arrêt de la CJUE porte sur le dispositif lui-même et sa légalité future, pas sur la révocation des décisions individuelles déjà accordées avant sa fermeture.

Existe-t-il une voie légale pour obtenir la nationalité maltaise en 2026 ?

Oui, mais elle passe par la résidence. Vous pouvez obtenir un titre de séjour (par exemple via le MPRP), vivre réellement à Malte, puis demander la naturalisation ordinaire après au moins cinq ans de résidence légale, avec les 12 derniers mois en continu et une intégration effective.

Le MPRP donne-t-il droit à un passeport maltais ?

Non. Le Malta Permanent Residence Programme accorde une résidence permanente, pas la nationalité. Il peut servir de point de départ vers une naturalisation ultérieure, à condition de remplir les années de résidence effective et les critères d'intégration exigés par le Citizenship Act.

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Par Baptiste FiguiereFondateur de Relown · Publié le 1 juillet 2026 · Mis à jour en juillet 2026